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Dernières parutions du 29 septembre 2006

 

Correspondances

Lobo Antunes, Lettres de la guerre Antonio Lobo Antunes, Lettres de la guerre . Traduction du portugais par Carlos Battista. Il a vingt-huit ans. Tout juste docteur en médecine, marié depuis peu, follement amoureux et père d’un enfant à naître, il est envoyé en Angola, entre 1971 et 1973. Deux ans de guerre coloniale absurde, désespérée, il est si loin de tout. Il écrit à sa femme, il n’écrit qu’à elle ; lettres d’amour à n’en plus finir, presque une par jour ; "Te rappelles-tu encore comment je suis ? Grand, blond, les yeux bleus, viril, très intéressant...", "Mon bel et doux et tendre amour adoré, Pourrais-tu demander à maman de m’envoyer de nouveau des aérogrammes ? Ma réserve décline"... Journal de bord qui dit le quotidien - paysages, portraits, littérature, orages -,où l’ordinaire de l’enfer d’un jeune médecin torturé par la souffrance de la séparation, préoccupé par le violent désir de durer, construire une oeuvre littéraire. Éd. Christian Bourgois, 497 p. 26 €.

Mérimée, Correspondance et patrimoine La route de Mérimée, correspondance & patrimoine. Présentation de Solange Gauvin. Photographies de David Bordes.
A partir de 1834, Mérimée entreprend de sillonner la France en tant qu’inspecteur des Monuments historiques. Sans relâche, il rencontre préfets, maires, antiquaires pour plaider la cause des monuments, entraînant dans son sillage un jeune architecte érudit, Viollet-le-Duc. Il écrit de nombreuses lettres, enjouées et piquantes, dans lesquelles il relate ses voyages, ses impressions et dit son indignation sur la décrépitude de certaines cathédrales, abbayes et cités. L’originalité de cet ouvrage est de mettre en parallèle cette correspondance avec les dessins anciens et les photographies des monuments visités. Avec, en filigrane, l’histoire de la poste qui connaît, de 1834 à 1864 un formidable essor. (Présentation de l’éditeur) Éd. Huitième Jour, 171 p. 20 €.
Avec le soutien de la Fondation La Poste.

Biographies/Autobiographies

Michel Schneider, Marylin, dernières séances Michel Schneider, Marilyn, dernières séances. "Rewind. Remettre la bande à zéro. Recommencer toute l’histoire. Repasser la dernière séance de Marilyn. C’est toujours par la fin que les choses commencent." Ainsi commence cette voix qui fait la moitié de l’histoire qui se raconte, celle d’une relation, singulière, troublante, de trente mois, entre le psychanalyste Ralph Greenson et l’actrice la plus célèbre au monde, en 1960 - Marilyn, si charnelle qu’elle en brûlait l’écran et si désespérée de vide -, venue consulter et ne demandant qu’à s’abandonner. L’auteur, écrivain, psychanalyste lui-même, part des faits réels, fait renaître, interroge "paroles secrètes et actes visibles", narre par fragments datés en en-têtes de chapitres, reprend dialogues et citations tirés de récits, de notes, lettres, articles, entretiens livres, ou films, joue sur les miroirs, avoue un presque-rien de fiction. Un roman ? mais oui, si tant est que - "seule la fiction donne accès au réel". Éd. Grasset, 531 p. 21,90 €.

Edmund White, Mes vies Edmund White, Mes vies. Traduction de l’anglais (États-Unis) par Philippe Delamare. "Ma vie est vraiment là, à livre ouvert". Il est lucide et triste, a l’humour généreux et la franchise qui va de soi, est volontiers bavard, mais avec tellement d’esprit, ne craint ni de choquer ni de surprendre. Être prévisible, en amitié - dit-il - est une faute impardonnable. Dix chapitres, allant de "Mes psys" à "Mes amis", lesquels permettent à leur auteur - né en 1940, à Cincinnati, dans une Amérique peu clémente envers les affections homosexuelles, et qui, après New York, lui préfèrera Paris - de se livrer à une réflexion sur l’Amérique et l’Europe du demi-siècle dernier, sur ses parents, sur sa propre vie, en même temps qu’il révèle l’essentiel, excentrique et cru, de ses pratiques sexuelles. Derrière lui, Philippe Delamare nous fait oublier que l’oeuvre est traduite. Hommage. Éd. Plon, coll. Feux croisés, 374 p. 23 €.

Norman Manea, Le retour du Hooligan, une vie Norman Manea, Le retour du Hooligan, Une vie. Traduction du roumain par Nicolas Véron. "Qu’est-ce qu’un Hooligan ? Un déraciné, un non aligné, un marginal ? Un exilé ? demande l’auteur, Roumain, né en 1936, à Bucovine, déporté à l’âge de cinq ans, en camp de concentration en Ukraine, comme toute la communauté juive de sa région, où ses grands-parents périront. Exilé depuis vingt ans, installé aux Etats-Unis, il retourne, pour un cours séjour, en Roumanie, en 1997. Il évoque ces retrouvailles d’"étranger" sur sa terre natale et dans sa langue ; les années politiques, les frayeurs du passé, la condition juive et la vie quotidienne sous un régime totalitaire, la part de soi qui meurt, lorsqu’on abandonne sa propre langue, l’ampleur angoissante du vide, salvatrice de l’exil... Décalage douloureux et froid entre réalité et fantômes. Passé et avenir ne seraient-ils que "des clins d’oeil comiques du néant ?". Éd. Seuil, Fiction & Cie, 452 p. 22,50 €.

Romans français

Amélie Nothomb, Journal d’hirondelle Amélie Nothomb, Journal d’hirondelle. "J’avais besoin de mon assassinat quotidien comme d’autres de leur tablette de chocolat noir". Etrange personnage que notre narrateur, héros solitaire et misanthrope ; trente ans, coursier, pas de nom, ou du moins pas d’identité proprement dite, qui devient insensible, perd son âme où l’idée même du Bien et du Mal, à la suite d’un chagrin d’amour et se transforme en tueur à gages. Chargé d’exécuter un ministre et sa famille, et de rapporter une sacoche, il découvre à l’intérieur de celle-ci le journal intime de la jeune fille du ministre, fraîchement assassinée. Il le lit. L’usage de ses cinq sens lui revient. Suspense nothombien. Éd. Albin Michel, 150 p. 14,50 €.

Jérôme Tonnerre, L’Atlantique Sud Jérôme Tonnerre, L’Atlantique Sud. Il n’avait pas choisi ses livres. "Offerts ou transmis, ils [l’] avaient choisi. Tous se rapportaient aux voyages". Et pour cause : rêvant de parcourir le monde, il voyageait depuis sa chambre, collectionnant les catalogues des agences de voyages et les pays inexplorés, incapable qu’il était de quitter son quartier, angoissé du départ, malade phobique. Puis, meurt sa mère. L’Atlantique Sud. Elle voulait que ses cendres y soient dispersées. "Mais où était-ce donc, l’Atlantique Sud ? Copacabana ou Mimizan-Plage ? Je n’ai pas tenu ma promesse". Alors, il culpabilise, rumine la liste des amants potentiels de sa mère, se confie à son analyste, voudrait bien se débarrasser de l’urne, explore les souvenirs familiaux, est drôle, inventif, fouille les résonances des mots, comme "un chien truffier", la terre. Jusqu’au dénouement ; celui qu’on n’attendait pas. Éd. Grasset, 276 p. 16,90 €.

Vincent Delecroix, Ce qui est perdu Vincent Delecroix, Ce qui est perdu. Ce n’est pas la première ligne du roman qui commence le roman, c’est sa dédicace : "Je ne vois pas vraiment pourquoi, après tout, je te dédierais ce livre". Parce qu’elle l’a quitté, parce qu’il se demande comment on fait pour vivre avec ce qui est perdu, le narrateur (qui s’appelle comme l’auteur), étudiant en philo, entreprend une biographie de Kierkegaard. Il trouve aussi un job de chauffeur de bus pour touristes danois, rencontre un vieil homme qu’il accompagne dans ses promenades, va beaucoup chez le coiffeur se faire couper les cheveux, se raconte surtout, pour exorciser ; à Abel, le coiffeur, aux clientes, à son frère. Autobiographie déguisée pour lui écrire - dialogue ininterrompu avec elle -, dire ce qui est, retrouver ce qui est perdu, utiliser toutes les stratégies pour rendre le manque tolérable. Roman d’amour en somme, où l’ironie, l’humour et le talent viennent se jouer de l’angoisse existentielle, où la fiction vient sauver le réel et l’esprit du philosophe prendre le pas sur "la peine interminable". Gallimard, 156 p ; 14 €.

Romans étrangers

Nicole Krauss, L’histoire de l’amour Nicole Krauss, L’histoire de l’amour. Traduction de l’anglais (États-Unis) par Bernard Hoepffner avec la collaboration de Catherine Goffaux. "Un jour on est une personne et le lendemain ils vous disent que vous êtes un chien." Le ton est donné, dans cette Histoire tragique, comique, où se croisent les voix et les vies ; celle de Leo Gursky, vieil écrivain juif new-yorkais, échappé de l’Holocauste, qui partage la compagnie fictive de Bruno, un ami mort depuis longtemps et ressuscite la Pologne de ses jeunes années, en se remettant à l’écriture ; celle d’Alma Singer, adolescente de quatorze ans, qui cherche à surmonter la mort de son père, et veut retrouver la femme dont elle porte le prénom, dans un livre où l’héroïne s’appelle Alma ; celle de Zvi Litvinoff aussi, exilé au Chili... Histoire d’un roman dans le roman - enchevêtrement d’énigmes, fragments de textes, écriture protéiforme ; histoires de la mémoire, de la perte, du deuil, méditation autour "des trous, des vides", des traumatismes laissés par la Shoah, histoire, par dessus-tout, des pouvoirs de la vie et de la littérature.

Revues

Le Purple Journal 9 Le Purple Journal
Version française, paraît trois fois l’an
Numéro 9. Automne-Hiver 06/07, 120 pages
Pour acheter en ligne
http://www.purple.fr/journal.php

Le Purple Journal est tourné vers la l’art, la littérature, l’actualité politique, la mode... et propose des textes d’écrivains, des chroniques, entretiens, récits et reportages, des photographies et dessins. La maquette de la revue est élégante, le contenu est riche et original. Au sommaire de ce numéro 9, on peut lire notamment Les cartes postales de vacances de Tiphaine Samoyault, Lettre de Sainte Anne d’Elisabeth Obadia, Lettres de Beyrouth de Hanady Salman, Rasha Salti, et Zena el-Khalil ainsi que deux textes de Gaëlle Obiégly, Le futur et Perdre... (NJ)

Le sommaire du numéro 9 : sur le site de Purple Journal

"Tout se passe de personne à personne, par la rencontre : Le Purple Journal en prend la mesure et devient un lieu qui échappe aux répétitions monotones du monde médiatique, un magazine vivant qui résiste aux impasses et aux cloisonnements. La subjectivité des auteurs s’exprime toujours librement à travers reportages, chroniques, essais, récits ou photographies. Notre ligne éditoriale consiste à dégager l’art de la culture envahissante, le politique de la fausse politique, la beauté de la vulgarité et à redonner un sens ou plutôt une voix à l’idée de "journal" et ce dans tous les domaines : de la politique internationale à l’art culinaire en passant par les voyages et l’essai philosophique. Le Purple Journal est conçu comme une publication généraliste à vocation internationale (chaque numéro existe dans sa version anglaise). Voici un trimestriel qui prend la liberté, saison après saison, d’ouvrir d’autres perspectives à l’actualité."
Elein Fleiss et Sébastien Jamain, rédacteurs-en-chef
Purple Journal
Diection artistique :Laetitia Benat & Dora Herzog
Rédacteurs : Laetitia Benat, Daniel Bismuth, Gérard Duguet-Grasser, Marina Faust, Mark Fishman, Nakako Hayashi, Jeffrey Rian, Tiphaine Samoyault
Directrice de la rédaction : Elein Fleiss

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