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Dernières parutions du 31 octobre 2006

 

Biographies / Autobiographies

Eric Le Calvez, Gustave Flaubert, Un monde de livres Eric Le Calvez, Gustave Flaubert, Un monde de livres .
"Pourvu que mes manuscrits durent autant que moi, c’est tout ce que je veux. C’est dommage qu’il me faudrait un trop grand tombeau ; je les ferais enterrer avec moi, comme un sauvage fait de son cheval", apprend-on page 61, et aussi qu’il eut une passion unique, la Prose française, et deux amours ; l’un pour sa mère, l’autre pour les livres, ou encore que Madame Bovary a 150 ans, qu’au dernier trimestre 1856, Flaubert publiait son premier roman en feuilleton dans La Revue de Paris. Ainsi en est-il de ce nouveau volume de la collection "Passion" consacré à Flaubert, et dont Eric Le Calvez suit l’axe choisi, en un ordre chronologique, depuis les années d’apprentissage, jusqu’à la mort, dans la maison de Croisset. Le grand plaisir de cet ouvrage, outre la biographie, c’est son abondante iconographie, et la place laissée à l’écriture elle-même ; lettres, brouillons, manuscrits, où la rage des phrases... Éd. Textuel, collection "Passion", 192 p. 49 €.

Alfred Pacquement, Henri Michaux .
Poète infiniment singulier, peintre étrange, explorateur insatiable, il mania les mots comme les signes. En 1939, âgé de quarante ans et déjà reconnu pour ses textes, il publie un petit ouvrage intitulé Peintures où, pour la première fois, il associait écrits et aquarelles ou gouaches, aux formes pour le moins mystérieuses, fantomatiques, comme surgies des profondeurs de ses propres nuits, de ses combats errants. Il affirmait ainsi symboliquement l’état de cohabitation entre deux modes essentiels d’expression, inextricablement liés. Longtemps, pourtant la critique ne voulut y voir qu’un passe-temps et Michaux-peintre fut méconnu. Alfred Pacquement, critique d’art et l’un des meilleurs connaisseurs de l’oeuvre de Michaux, propose une nouvelle édition d’une monographie parue en 1993, consacrée aux peintures de Michaux, riche d’une anthologie de textes de l’écrivain sur la question, d’illustrations de qualité, et permettant de comprendre son cheminement et de replacer son oeuvre dans l’art de son temps. Éd. Gallimard, 180 p. 36 €.

Hervé Algalarrondo, Les derniers jours de Roland B . "Appartement vide, moment difficile, l’après-midi.(...). Comment allez-vous ? - Je marine. (...) On ne fait rien, les pensée tournent en rond, on est un peu déprimé... Des marinades, j’en ai souvent, très souvent." A la fin des années 70, Roland Barthes (1915-1980) est internationalement connu, professeur au Collège de France, entouré d’une kyrielle de disciples, auteur d’ouvrages érudits, à succès. Mais il est seul et souffre et ne se remet pas de la mort de sa mère, en octobre 1977, dans l’appartement parisien, rue Servandoni, où ils avaient toujours vécu ensemble. Perte irrémédiable. Il a "le coeur gros". A tel point que, lorsque trois ans plus tard, il est renversé par une camionnette rue des Ecoles et qu’il décède à l’hôpital, après des semaines de désespoir, de tristesse et de semi-coma, ses proches pensent qu’il s’est laissé mourir. Hervé Algalarrondo fait parler ici l’homme plus que le maître, s’intéresse à ses dernières années, ses "secrets misérables", son intimité, utilise ses propres écrits, les témoignages de ceux qui l’ont connu. C’est à la fois impudique et triste et désacralisé, bien raconté et humain, tellement humain. Éd. Stock, 285 p. 18 €.

Mémoires/Correspondances

Lydia Flem, Lettres d’amour en héritage.
"J’avais vidé la maison de mes parents. J’étais venue à bout de cette tâche immense et éprouvante". Expérience concrète du deuil, des souvenirs qui restent, de ceux qui occupent "une place unique". Dans trois boîtes en carton trouvées dans le grenier, l’auteur, écrivain, psychanalyste, découvre la correspondance amoureuse de ses parents, échangée pendant trois ans, entre leur rencontre en septembre 1946 dans un sanatorium, en Suisse, et leur mariage, le 1er décembre 1949. Elle attend ce moment où, ses parents "reposant [en elle], avec une certaine douceur", elle va pouvoir entendre leur voix perdues, veut comprendre comment leur couple lié pour la vie et qui aura traversé plus d’un demi siècle, s’était formé, de quelle histoire d’amour elle était née. Alors elle lit, met deux années à retranscrire aussi toutes les lettres sur son ordinateur, et dans cet ouvrage au petit format délicat, aux mots purs et qui touchent, mêle sa voix qui interprète et les leurs. "Dans la suite des générations, notre place est désignée, nous ne sommes pas libres de nous-mêmes. Il nous faut assumer le passé pour ouvrir les horizons du présent". Éd. Seuil, coll. "La librairie du XXI e siècle", 272 p. 15 €.

Jean-Yves Tadié, De Proust à Dumas .
On le sait grand spécialiste de Proust. C’est un amoureux des livres, des lettres, des oeuvres. "Proust, nous dit-il, c’est un univers. Comme Dumas ou Jules Verne", ou aussi Malraux ou Mallarmé, découvert entre treize et seize ans, ou encore l’opéra, Rossini, le théâtre, le cinéma ; autant d’Enchanteresses pour un esprit curieux, capable d’admirations, sensible à la pluralité des significations cachées dans un énoncé. Il n’est de critique sans passion : De Proust à Dumas rassemble des textes éparpillés, depuis 1960, dans des revues ou des journaux, fait la part belle à nos deux écrivains, nous promène aussi dans l’oeuvre de Nathalie Sarraute (deux pages et demi savoureuses où s’énoncent les "Six règles pour un chef-d’oeuvre"), d’un opéra à l’autre, ou encore dans son propre Journal, année 1960, "Impressions d’Egypte"...- Qu’est-ce qu’il y a à voir ici ? Un monde nouveau surgit. Éd. Gallimard, 396 p. 23 €.

Romans français

Philippe Vilain, Paris l’après-midi.
"Il me semble être l’écrivain d’une obsession : la relation amoureuse", confiait l’auteur à propos du thème de prédilection de ses romans. Terrain d’exploration, à nouveau, dans Paris l’après-midi, il raconte le tout d’une passion adultère, depuis le trouble de la rencontre, l’installation fulgurante de l’obsession, les rendez-vous clandestins, les mensonges, le mystère, les espoirs formidables, jusqu’à la séparation ; la fuite sans un mot de l’amante mariée, l’atroce souffrance de l’abandonné, cette lente agonie qu’on n’envie à personne. Jusqu’au moment où, "en une fascinante simplicité", tout se retourne et "l’amant méprisé était devenu un aimé méprisant" qui, entre temps, avait goûté d’autres amours à Turin. "J’essaie d’oublier comme je peux...". A quoi mènent les liaisons ? Qu’est-ce, au fond, que l’amour ? Quel pouvoir donne-t-on à l’écriture ? Le narrateur aborde une jeune femme place du Châtelet, belle, "elle avait l’allure d’une actrice de cinéma" : là, tout commence. Éd. Grasset, 159 p.13,90 €.

Philippe Dagen, Arthur Cravan n’est pas mort noyé.
Il avait un corps de colosse, il était poète, boxeur, critique d’art, insolent, en une époque extravagante et créatrice, neveu d’Oscar Wilde, se faisait appeler Arthur Cravan. Il eut une vie multiple, autant que les autres noms qu’il se choisit, les voyages au bout du monde qu’il s’offrit. Il disparut en 1918, au large du Golfe du Mexique, on le dit noyé. On supposa aussi qu’il avait préféré disparaître pour échapper à l’amour de la poétesse Mina Loy, enceinte de lui ; lui, éternel fuyant - "Fuir est, je crois, le plaisir dont je tire la plus grande jouissance, et l’activité à laquelle j’ai consacré le plus de temps et de talent" et mystificateur de lui-même. Philippe Dagen choisit de le ressusciter et de lui faire rédiger ses mémoires. La plume est romanesque, l’époque folle, le "je" séduit. Éd.Grasset, 300 p. 17,90 €.

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