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Dernières publications du 23 novembre 2006

 

Correspondances

Pierre J. Jouve, Lettres à J. Paulhan Pierre Jean Jouve, Lettres à Jean Paulhan 1925-1961. "Tout de ma vie est toujours tourmenté et très dur avec quelques belles choses"
Édition établie, préfacée et annotée par Muriel Pic (EHESS).
Spécialiste de Pierre Jean Jouve, Muriel Pic publie en même temps l’essai qu’elle a consacré à l’auteur de Noces, mort il y a trente ans : Le Désir monstre, Poétique de Pierre Jean Jouve (Éditions du Félin, sortie le 25 novembre).
Présentation de l’éditeur :
Pierre Jean Jouve écrivit dans son "Journal sans date", En Miroir (Mercure de France, 1954) : "Un plus mauvais jour fut celui où je rencontrai Jean Paulhan, car on sait le dommage qui s’ensuivit pour toute une partie de mon oeuvre." Si la vie éditoriale du poète, entre 1925 et 1961, a été partiellement entre les mains du directeur de La NRF, Jean Paulhan a peut-être été, parmi ses correspondants, le plus à même de comprendre le secret de son oeuvre : en témoignent ces 149 lettres d’un Jouve ombrageux et angoissé par l’édition de ses textes, ainsi que les 19 lettres retrouvées de Paulhan (les autres ont été détruites par Jouve) et un livre dédié à Paulhan, mais publié chez Grasset, Le Paradis perdu (1929). [...] Éditions Claire Paulhan. Collection "Correspondances de Jean Paulhan". 253 p. 31 € (Site des éditions Claire Paulhan)
Publié avec le concours de la Fondation La Poste.

Sigmund Freud, Lettres à Wilhelm Fliess (1887-1904). Edition revue et augmentée par Michael Schröter et Gerhard Fichtner. Traduction de l’allemand de Françoise Kahn et François Robert. Freud fait la connaissance de Fliess, médecin berlinois, otorhino-laryngologiste, en 1887 ; il a 31 ans, Fliess, 29 ans. De leur amitié naît une correspondance qui s’étendra sur près de dix-sept ans, et dont seules ont été conservées les lettres de Freud. Ces 287 lettres, publiées dans leur intégralité, se lisent comme un véritable journal intime : entre "raison et démesure", Freud y livre ses réflexions sur ses patients, ses enfants, ses voyages, ses humeurs, ses doutes, ses propres symptômes, ses premières théories... Valeur de la correspondance, comme "auto-analyse", en même temps qu’éclairage inédit sur la personnalité du fondateur de la nouvelle discipline du psychisme - les Lettres à Wilhelm Fliess, ou la chronique de l’invention de la psychanalyse. Éd. PUF, 760 p. 59 €.

Biographies/Autobiographies

Catherine Millot, La vie parfaite - Jeanne Guyon, Simone Weil, Etty Hillesum. Trois figures de femmes - Jeanne Guyon (1648-1717), mystique chrétienne, Simone Weil et Etty Hillesum, juives toutes deux, qui mourront, jeunes encore, en 1943 - trois histoires au féminin spirituel. Catherine Millot, psychanalyste et écrivain écoute, explore et relie ces destins dont elle nous raconte le parcours - martyrs et saintes qui connurent l’horreur et l’anéantissement et, par là-même, abdiquèrent toute volonté, frontières, se détachèrent de leur ego et surent consentir à la finitude, à la fois prisonnières et libres. "...j’ai appris comment nommer cette liberté inconnue, peut-être à jamais perdue, dont je cherche les clefs. En français, cela s’appelle le large . Les mystiques sont des gens qui prennent le large..." Ainsi commence notre auteur. Qu’est-ce qui, toujours, subjugue, chez Catherine Millot ? Les sujets qu’elle choisit ? son propre souci de vérité ? son écriture ? ou tout cela à la fois ? C’est inspiré, remarquable, à n’en pas douter. Éd. Gallimard, coll. L’Infini, 264 p. 17,50 €.

Bernard Frank, Henri-Hugues Lejeune, Un vieil ami - Une biographie de Bernard Frank suivie de la réponse de l’intéressé. Ils se connaissaient depuis l’adolescence. L’auteur, diplomate et écrivain, fait le portrait fouillé, intime, de cet ami de longue date, romancier à ses heures, et surtout prosateur hors pair qui multiplia les chroniques littéraires dans Le Nouvel Observateur, en une conversation que l’on attendait. "Ce que je sais le mieux c’est mon commencement" ; il évoque la famille de Frank, le lycée, la guerre, sa précocité intellectuelle, sa belle amitié avec Sagan, ses amours, sa "panoplie littéraire", sa vie et les dérives qui l’ont bordée. Dilettante et pudique, ironique, égal à lui-même, un rien fatigué, le sujet, en réponse, nous entretient de son biographe. Le vieil ami, est mort le 3 novembre dernier, à 77 ans. Éd. Robert Laffont, 356 p. 21 €.

Frédéric Pajak, J’entends des voix. Ça commence comme un livre de photographies chères - photos de famille, le père, d’abord - elles parlent avant les mots et avant les dessins. Rend vivants tous ces morts que la mort a pris trop tôt. "Un cliché plutôt qu’un dessin... aucun dessin ne saurait remplacer cette image douce..." Une famille d’artistes peintres. Il égrène sa vie, Pajak,- la vie est un miracle et une tragédie- dans ce grand livre au format carré, images en mots et en dessins, noir et blanc de rigueur. Et quand il ne veut pas se laisser aller à trop parler de lui, il nous emmène dans la vie intime des autres, toutes ces voix qu’il entend si bien, qu’elles lui sont familières, comme s’il avait vécu avec elles ; Nietzsche magnifique à Sils-Maria, sa diététique au quotidien, sa grande amie Malwida, le jeune Adolf, avant d’être Hitler, le dessinateur Gébé, Primo Levi..., d’autres portraits encore, traverses littéraires dignes d’un conteur. Éd. l’arbalète Gallimard, 222 p. 22,50 €.

C.K. Williams, Dissentiments - ma mère mon père moi-même. Traduction de l’américain de Michelle-Viviane Tran Van Khai. "Le jour où ma mère mourra, je lui dirai, tout aussi brusquement, sans savoir non plus que je vais le faire : "Je t’aime". Mais à mon père, ma voix, de nouveau, comme de sa propre initiative, lâche tout à trac : Quelle guerre !" Ainsi commence Dissentiments. C.K.Williams est né en 1936 et on le connaît surtout en France pour sa poésie. Il évoque ici, en brefs chapitres aussi denses que lucides, les souvenirs d’enfance, -analyse de sa propre famille-, fouille la relation de ses parents, met à plat les liens familiaux et par là-même, rend grâce à la simple sensation de sa propre existence vitale, vibrante, vivante. Éd. Actes Sud, 292 p. 24 €.

Antonio Forcellino, Michel-Ange, Une vie inquiète. Traduction de l’italien de Pierre-Emmanuel Dauzat. L’artiste, patricien florentin, sculpteur, peintre et architecte, fut divin, l’homme - en dehors du mythe qu’on lui construisit -, enraciné dans les misères d’une vie ordinaire, laborieuse, fut souffrant et s’éteignit misérablement dans sa maison de Rome, un vendredi 18 février 1564, triste et glacé, à l’âge de quatre-vingt-dix ans. "Solitaire. Cupide. Fragile. Obsessionnel. Et génial". C’est l’étonnant parcours de Michelangelo di Ludovico Buonarroti, depuis sa naissance à Florence, jusqu’à sa mort, à l’oeuvre foisonnante (le Moïse, la chapelle Sixtine, le tombeau de Jules II...) et acteur majeur de l’histoire italienne, que nous restitue -la plume aussi érudite que romanesque- l’historien d’art italien. Éd. Seuil, 460 p. 23 €.

Maria Van Rysselberghe, Je ne sais si nous avons dit d’impérissables choses - Une anthologie des Cahiers de la Petite Dame. Choix et présentation de Peter Schnyder. Épouse du peintre belge Théo Van Rysselberghe, Maria Van Rysselberghe (1866-1959) fut la grande amie et fervente admiratrice de Gide. De 1918 à 1951, elle tient, avec ses Cahiers, la chronique des faits et gestes de Gide. Elle ne parle pas d’elle, mais de lui - "A travers jeux, courses, promenades, lectures, causeries, où toujours il est le plus ardent, j’essaie de ne perdre aucune trace" - et les Cahiers, masse impressionnante de textes, "témoignage à travers ce dialogue infini de la valeur du vécu", se font la relation fidèle, vivante des travaux et des jours d’André Gide. Publiés une première fois dans les Cahiers d’André Gide chez Gallimard, de 1973 à 1977, en quatre volumes, avec une préface d’André Malraux, puis en 1996, toujours en quatre volumes, ils paraissent à nouveau, grâce Peter Schnyder, réunis en un volume - par années, thèmes -, enrichi d’une chronologie et d’un cahier d’illustrations. Éd. Gallimard/Folio, 720 p. 10 €.

Romans

Nathalie Gassel, Des années d’insignifiance. Récit. Postface d’Éric Brogniet. "Enfant, vous n’avez pas d’importance pour les autres, alors vous haïssez. Pas tout de suite, d’abord vous ne comprenez pas. Vous éprouvez une rage...". Parce que l’enfance fut un enfer, un tel vide de reconnaissance, depuis très tôt, elle est prête à cogner pour exister, avoir sa place dans le monde, elle qui signe Ita Gassel. Combler son avidité de reconnaissance, prendre corps par les muscles et avec l’écriture : récit autobiographique où l’auteur évoque son enfance et ses ébranlements, ses parents divorcés, le mal être, le sentiment humiliant de désamour, l’écriture en survie -textes, journal, poèmes -, le besoin des transgressions, littéraires, sexuelles, comme ressources vitales. Ecriture au scalpel, introspection impudique, combattive, nécessaire, froideur douloureuse des souvenirs sans baisers, sans rondeurs, distanciation salvatrice. Existe enfin. Éd. Luce Wilquin, 100 p. 10 €.

Revues

Cahiers Georges Hyvernaud n° 6, 2006
Société des Lecteurs de Georges Hyvernaud
Sommaire
-  Éditorial. C’était en... Guy Durliat
-  Hommage à Andrée Hyvernaud
-  Témoignages. Poèmes.
-  Georges Hyvernaud. Inédits. présentés par Guy Durliat sous les titres : "Aux armées, À l’étranger, Autres frontières, En visite"
-  Journée IUFM de mars 2005 : "L’OEuvre pédagogique de Georges Hyvernaud"
-  Agenda (publications, manifestations, notes de lecture, projets...)
Présentation Andrée Hyvernaud consacra les vingt dernières années de sa vie - de la mort de son mari en 1983 aux mois précédant la sienne en 2005 - à faire connaître l’oeuvre et reconnaître la place de l’écrivain Georges Hyvernaud. Quelques-uns de ceux qui la rencontrèrent, à divers titres et époques, font revivre une aventure qui va de la guerre aux années 2000, d’Arras à Auteuil, de La Peau et les os à Voie de garage. Qu’ils soient anciens élèves, protagonistes des rééditions décisives et publications posthumes ou initiateurs de travaux universitaires, ils témoignent de ce que nous devrons à cette femme opiniâtre et discrète - dont la propre oeuvre poétique est restée dans l’ombre. Confiés par son épouse ou extraits du fonds archivé par l’IMEC, les textes d’Hyvernaud donnés ici, inédits à quelques-uns près, portent bien sa signature. Pour inégaux qu’ils soient, l’écrivain est là, dans ses différentes tonalités : l’humour, jubilatoire ou féroce de relations de voyage et visites d’avant et après-guerre ; la satire, violente, des effractions de l’homme par tous ses douaniers - du corps, de l’âme ; la gravité, amère, de méditations sur la guerre, des fantômes de 14 aux soldats de 40... Captifs, pour finir, dont une conférence au retour de Poméranie dit la condition. Avec ces traces, multiples sont les renvois à l’oeuvre auxquels le lecteur est invité. Parenté ou dichotomie entre l’écrivain et l’auteur de manuels ? La question fut au centre de la journée consacrée à l’Oeuvre pédagogique d’Hyvernaud - une première dont, avant les Actes, nous présentons un aperçu. (Guy Durliat)
Conditions
Format 15x21, 119 pages, 15 € hors adhésion à la Société. _ Chèque à l’ordre "Société Lecteurs G. Hyvernaud" à adresser à : SLGH/G. Durliat 39 av. gén. Leclerc 91370 Verrières-le-Buisson
(hyvernaud@netcourrier.com
guy.durliat@wanadoo.fr)

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