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Dernières parutions, édition du 19 décembre 2006

 

Mémoires/ Correspondances

Anna Maria Ortese, Tour d’Italie Anna Maria Ortese, Tour d’Italie, récits de voyage. Traduction de l’italien de Marguerite Pozzoli et Claude Schmitt. "Écrire, disait cette Ardente mélancolique, c’est chercher le calme, et parfois le trouver. C’est revenir à la maison. La même chose que lire". Née à Rome, contemporaine d’Elsa Morante, journaliste, écrivain voyageur, secrète, Anna Maria Ortese (1914-1998) aura laissé une précieuse production : textes autobiographiques, politiques, oniriques, romans fantastiques, nouvelles, poèmes, récits de voyage. Elle aura pris quantités de trains, quantités de notes ; aura, du Nord au Sud, longuement parcouru la Péninsule. Tour d’Italie - journal vagabond en trois parties et une quarantaine de courts chapitres aux titres évocateurs d’un enchantement infini, qui cherche en vain son équivalent dans la réalité - fait parler les mots, les visages et les paysages et réserve ses plus belles pages pour Naples et la Sicile. Éd. Actes Sud, coll. "un endroit où aller", 392 p.25 €.

Michel Schneider, Moi qui suis né trop tard Marcel Schneider, Moi qui suis né trop tard. C’est une promenade souvenir de l’écrivain, romancier, nouvelliste. Un univers littéraire et humoristique évoqué, un-je-ne-sais-quoi de la nostalgie de "l’Éternité fragile" - titre qu’il avait donné à une autobiographie en cinq tomes, déjà publiée aux mêmes éditions -, du sentiment conscient de l’ici et maintenant. Éternel exilé intérieur, qui ne se sent pas de ce siècle - c’est sûr, il est né en 1913 - et pourtant, tourné vers le monde extérieur, tout de sensations, d’impressions, d’anecdotes. On pourrait regretter une préface, un fil conducteur, une chronologie, on se laisse porter : l’ouvrage commence par un autoportrait, et les pages sont remarquables, parce que le ton est juste ; suivent des "mélanges ou oeuvres mêlées", où il évoque ses amis disparus, fait part de ses admirations ; le Prince Pierre de Monaco, Schubert, Racine, le fantastique, Socrate, Alice au pays des merveilles, Nerval... Rêve, soleil et mélancolie, ou l’inverse... Éd. Grasset, 300 p.17,90 €.

Alberto Manguel, La bibliothèque, la nuit Alberto Manguel, La bibliothèque, la nuit. Traduction de l’anglais de Christine Le Boeuf. "Pendant la journée, j’écris, je bouquine, je range des livres, je case mes nouvelles acquisitions, je réorganise/Pendant la nuit, je lis, assis, et je regarde les rangées de livres, tente une fois encore d’établir des connections entre voisins, d’inventer pour eux des histoires... " Alberto Manguel est un homme heureux. Il est comme son éditeur, il affectionne les mots et les livres. Et ces derniers - près de trente mille - qui ont pour écrin les pierres d’un ancien presbytère du Poitou, dans lequel tel Des Esseintes en sa thébaïde, il fit construire la pièce où les accueillir, le lui rendent bien. Evoquant sa bibliothèque, antre de la mémoire, compagne de la nuit, sorte d’autobiographie, il nous emmène visiter les autres, publiques ou privées, grandioses, mythiques, perdues, détruites, humaines, virtuelles, nous fait traverser les siècles, dit l’Histoire, les autodafés, les dictatures, les censures... Comment se constitue une bibliothèque, quel en est le sens ? Chaleureuse réflexion d’un érudit humaniste qui nous rappelle que "les mots créent la lumière". Éd. Actes Sud, 336 p. 23 €.

Alexandre Jollien, La construction de soi Alexandre Jollien, La construction de soi - Un usage de la philosophie. Etre capable de souffrir, est-ce la première condition pour qu’un être sente ? C’est sous forme de lettres ici, dont la première s’adresse à Dame Philosophie, que l’auteur, philosophe de formation, invoque les penseurs qui ont nourri sa vie, l’ont jalonnée, lui ont enseigné chaque "rencontre" comme une occasion d’accepter la réalité, l’adversité aussi, de devenir plus libre. Il dit comment la lecture et la méditation l’ont construit, l’ont fait se tenir debout lui, que dix-sept années ont enfermé dans une institution pour personnes handicapées. Boèce, Diderot, Marc-Aurèle, Kant, Epicure, Platon, Spinoza..., autant de maîtres, autant d’exercices spirituels qui l’ont accompagné dans cette construction de soi, sorte de "manuel d’après-guerre", habité des préceptes stoïques ; citations heureuses, réflexion mûrie qui, sur le ton de la conversation, font partager son dialogue intérieur. Éd. Seuil, 185 p. 15 €.

Jean-Pierre Guéno, Un siècle de lettres d’amour Jean-Pierre Guéno - Jérôme Pecnard. Je t’aime ! Un siècle de lettres d’amour 1905-2005
Présentation de l’éditeur :
Depuis sept ans, Radio France sollicite chaque année ses auditeurs pour qu’ils partagent ces trésors qui dorment dans les archives familiales ou dans l’âme des anonymes. Chaque année, des milliers de documents sont reçus par Jean-Pierre Guéno, directeur des éditions de Radio France qui lit chaque page, sélectionne et organise entre eux les textes de ces livres qui ne ressemblent à aucun autre. Cette collection aux mille auteurs est l’un des succès les plus étonnants de l’édition française, avec trois cent cinquante mille albums illustrés vendus et plus d’un million et demi de livres de poche. Tous les droits d’auteurs sont reversés à la collectivité publique. Chaque texte est mis en scène par Jérôme Pecnard, notamment grâce aux objets, aux photographies et aux manuscrits des auteurs de correspondance. Il cherche à trouver la note juste pour chaque lettre, celle qui restitue l’émotion. Cette anthologie existe également en collection de poche chez Librio et en version audio chez Gallimard. Éd. Les Arènes, Coll. Beaux livres, 288 p. 39,80 €.

Biographies/Autobiographies

Hans Höller, Ingeborg Bachmann Hans Höller, Ingeborg Bachmann. Traduction de l’allemand de Miguel Couffon. On connaît, de Ingeborg Bachmann (1926-1973), ces magnifiques "Lettres à Felician", lettres d’amour déjà hantées par la destruction et la mort, écrites à l’âge de dix-huit ans et publiées, il y a peu, aux mêmes éditions. Elle vécut avec horreur l’avènement du nazisme en Autriche, fut la compagne passionnée et désespérée du poète Paul Celan, fut cette femme écrivain et poète, à Berlin ou à Rome, en exil perpétuel. Elle publia un unique roman de son vivant, Malina, "eau trouble", énigmatique, en 1971, épousa l’écrivain suisse Max Frisch - ils se séparèrent -, fut de maints combats féministes et pacifistes, expérimenta maintes formes d’anéantissement. H. Höller évoque, dans cette biographie de I. Bachmann, illustrée de photographies en noir et blanc, de documents et lettres inédits en France, de notes essentielles, les grandes lignes de la vie de cette poétesse de langue allemande, morte de manière étrange et tragique, et qui ne pouvait exister "sans cette folie d’absolu". Éd. Actes Sud, coll. "Archives privées", 200 p. 27 €.

Alan Pauls, Le facteur Borges Alan Pauls, Le facteur Borges. Traduction de l’espagnol (Argentine) de Vincent Raynaud.
Qui veut lire sur Borges, dit son auteur, va lire sur la littérature car, aussi vaste et complexe qu’elle, il la représente. Jorge Luis Borges est au coeur même non seulement de la littérature argentine, mais de la littérature moderne en général. Il articula son exigence autour de l’opposition littérature/vie, utilisa très tôt les livres comme armes et une folle érudition, à défaut des armes et de l’action dans sa vie. Cet essai en neuf chapitres est une "feuille de route", un manuel d’utilisation pour s’orienter dans la grande oeuvre borgésienne. Alan Pauls en analyse plusieurs aspects essentiels, fait voir, de Borges, en dehors de l’extraordinaire romancier, essayiste, le "maître en lecture" plus qu’"en écriture et sentir, de manière subtile, ce pouvoir de la lecture comme effraction. C’est prodigieusement doué, tant c’est clair et concis. Éd. Christian Bourgois, 196 p. 18 €.

Claude Arnaud, Qui dit je en nous ? Qui dit je en nous ? "Moi bien sûr, mais aussi un autre, peut-être toi/ Mais si lui est aussi moi, qui est je ? Et si personne n’est tout à fait soi, n’est-ce pas que nous sommes tous, à notre insu peut-être, des faux-semblants ?"
C’est un essai littéraire sur le thème de l’identité individuelle, et c’est passionnant comme un roman, à chaque fois multiplié, au fur et à mesure des chapitres égrenant les cas d’individus choisis par l’auteur, de Martin Guerre à Pessoa, E. von Stroheim, Romand, Wilkomirski... Dans ce labyrinthe du moi, mobile, androgyne, métissé, dans ce besoin d’être autre que soi, comment se construit-on comme individu, comment se bâtit-on comme personnage ? Qui dit je en nous, combien de "je" renferme ce "nous", c’est la question que posent tous ces imposteurs, ces agents doubles, ces êtres semi-fictifs, ces Princes, ces Proscrits, et intrigue notre auteur, qui réinvente, pour nous, les histoires, et va, entre les genres et les êtres, imaginant, questionnant, réfléchissant, comparant, pensant. C’est qu’on n’est pas seul à être soi. Éd. Grasset (prix Femina de l’essai), 436 p. 20,90 €.

Donald Richie, Les honorables visiteurs, Récits. Traduction de l’anglais de Pascale Renaud-Grosbras. L’auteur vit au Japon depuis une cinquantaine d’années, est Américain d’origine, fin spécialiste de cinéma japonais et du Japon en général, cinéaste lui-même, et critique. Il est érudit, a un humour qui enchante. Comment se frotte-t-on à un pays qui ne partagea jamais l’histoire du monde occidental et qu’on s’imagine - comme la romancière Isabella Bird ou Pierre Loti - ressembler "tellement à ce qui est dessiné sur les plateaux à thé, les éventails et les théières" ? De la deuxième moitié du XIXè siècle, jusqu’à Marguerite Yourcenar, D. Richie évoque treize récits de voyageurs célèbres qui en laissèrent leurs impressions. "Exotisme" d’un Japon, que la toute récente ouverture au monde ne cesse d’inquiéter ; "Quelles sont vos impressions sur le Japon ?" demandera un journaliste à William Faulkner : "Je viens seulement d’arriver et ils veulent déjà connaître mes impressions", se dit Faulkner... Éd. du Rocher, 192 p. 17,90 €.

Isabeau de Rouffignac, Facteur du désert Isabeau de Rouffignac, Deeparam, facteur du désert. "Demain, le bus qui apporte le courrier de la ville et qui prend à peine le temps de s’arrêter, lui jettera dans les bras un nouveau sac. Des lettres, des mandats postaux, des nouvelles : nouveaux sourires. Mais là encore, chaque jour, l’incertitude l’attend. Le bus arrivera-t-il demain ? Y aura-t-il encore des lettres à distribuer ?" (Ananda Devi)
Isabeau de Rouffignac présente dans ce livre au format élégant, des photographies en noir et blanc que Bernard Plossu, Ananda Devi et Yves Bernanos enrichissent de leurs textes. Isabeau de Rouffignac, passionnée par l’Inde depuis de nombreuses années, nous propose de suivre Deeperam, facteur de la région désertique du Rajasthan qui transmet les nouvelles depuis "trente-sept ans". Les photographies aux contrastes subtils cernent le paysage, le mouvement, le détail : un gros plan sur la besace du facteur, sur l’aridité du sol, sur les mains qui tiennent une lettre... un sac de courriers jeté du bus en partance, des enfants à contre-jour qui dévalent une dune, des visages d’hommes et de femmes, une silhouette de dos, un homme qui marche... Toutes les nuances du noir et de la lumière, la densité du gris et la transparence composent ces images du bout du monde. Isabeau de Rouffignac a également publié Carnet Indien en 2004. Éd. Isabeau de Rouffignac, 72 p. 48 €. (N. J.)
Ouvrage en vente à la librairie La Chambre Claire (75006 Paris) et prochainement dans les Fnac, ou en vente directement auprès d’isabeau de Rouffignac à l’adresse mail : isabeau@noos.fr

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