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Dernières parutions du 22 mars 2007

 

Correspondances

Truman Capote, Plaisir trop bref Truman Capote, Un plaisir trop bref . Traduction de l’américain Jacques Tournier.
" A Cecil Beaton 21 juin 1956. Au moment où vous lirez ceci, Marilyn Monroe aura épousé Arthur Miller. Je les ai rencontrés l’autre soir. Il émanait d’eux un véritable éblouissement sexuel, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que ce petit événement a pour titre : Mort d’un auteur dramatique. "
Si la correspondance réunie ici, confirme la réputation d’un Truman Capote parfait mondain, intarissable ragoteur aux commentaires assassins, elle révèle derrière le masque frivole de celui que tout le gotha new-yorkais, hollywoodien et européen des années 50-60 s’arrachait, un tout autre visage. Dans ses lettres à Mary Louise Aswell qui lui ouvrit les portes de la gloire en publiant ses nouvelles dans Harper’s Baazar, à Leo Lerman son précieux conseiller littéraire, à Howard Doughty, Andrew Lyndon, à son très cher Cecil Beaton, ou encore à Alvin Dewey l’inspecteur qui enquêta sur le meurtre du Kansas qui allait inspirer le célèbre De sang froid, on découvre un Capote particulièrement tendre, attentif, généreux, d’une grande fidélité à l’égard de ses amis, doublé d’un travailleur acharné qui plaçait très haut son amour de la littérature. A Robert Linscott [sans doute mai 1947]
" Bob, je veux que ce livre soit très beau, parce qu’il me paraît essentiel, aujourd’hui plus que jamais, qu’un écrivain cherche à très bien écrire, le monde a perdu la tête, l’art seul est sain d’esprit, et une fois dispersées, une à une, les ruines des anciennes civilisations, la preuve est faite qu’il ne demeure que les poèmes, les tableaux, les sculptures et les livres. " Ed. 10/18, 520 p, 15€.

Journaux

Missie Vassiltchikov, Journal d’une jeune-fille russe à Berlin 1940-1945 . Traduction de l’anglais Anne-Marie Jarrigues et Anne Guibard. Issue d’une famille d’aristocrates russes, Marie Vassiltchikov, dite Missie, mène une existence cosmopolite entre l’Allemagne, la France et la Lituanie. En 1940, à l’âge de 22 ans, elle quitte la Silésie accompagnée de sa sœur Tatiana et s’installe à Berlin à la recherche d’un emploi. Elle y entame la rédaction d’un journal qu’elle ne se résoudra à publier qu’en 1976, deux ans avant sa mort. Polyglotte elle est engagée au département de l’information des Affaires Étrangères et va se lier avec un groupe de hauts fonctionnaires antinazis qui prépare dans l’ombre le fameux " complot du 20 juillet " contre Hitler. En ces temps de guerre et de privations , Missie, amie des Bismarck, des Metternick, des Schönburg , s’abandonne à un peu de légèreté lors des soirées mondaines données par la haute société berlinoise. Dès 1942 l’horizon s’obscurcit définitivement. Contre toute attente le front russe s’avérant redoutablement tenace, les raids aériens des alliés s’intensifiant au-dessus de l‘Allemagne, la politique nazie bascule dans la plus totale cruauté. Missie et ses proches doivent dorénavant lutter pour leur survie, les pages de son journal se noircissent du chaos de Berlin bombardé, des amis disparus au combat. La violence de l’invasion alllemande en Russie, exacerbe la sensibilité slave de Missie tout comme celle de sa mère qui se compromet dangereusement pour organiser un réseau d’aide aux prisonniers russes détenus en Finlande. En 1944, elle rejoint Vienne pour des raisons de santé et y restera jusqu’à la fin de la guerre comme infirmière. Si ce journal révèle une personnalité très attachante, d’une grande dignité et d’un grand courage face aux épreuves traversées, il vaut surtout pour la vision inédite qu’il donne des événements historiques de tout premier ordre et pour cette attitude tout à la fois étonnante et inquiétante, cette " nature " aristocratique qui fait toujours se tenir Missie à distance du monde. Ed. Phébus Libretto, 512 p, 12 €.

Vassili Grossman, Carnets de guerre De Moscou à Berlin 1941-1945. Choix et présentation Antony Beevor et Luba Vinogradova. Traduction de l’anglais et du russe Catherine Astroff, Jacques Guiod. "Ce à quoi on n’est pas habitué fait peur. On s’habitue à tout. Mais à la mort, non. Sans doute pour la simple raison qu’on ne meurt qu’une fois. Et on ne peut pas s’habituer du premier coup. "
Vassili Grossman part pour le front de l’Est en août 1941, comme correspondant de guerre pour L’Étoile rouge le journal officiel de l’Armée rouge. Pendant près de trois ans, il va témoigner de ce qu’il voit, de l’ampleur de l’enfer, des pertes d’hommes colossales, de l’innommable perpétré par les troupes allemandes, des massacres sans fin, des ravages du stalinisme, de la souffrance et de l’héroïsme des populations civiles, des simples soldats comme des officiers. Il consigne presque tout dans ses carnets, notes précieuses qui alimenteront ses articles et ses romans tel son chef-d’œuvre Vie et destin. Tout patriote qu’il soit, il n’a jamais adhéré au parti et contrairement à ses confrères il s’est toujours refusé à mentionner Staline dans ses écrits pas plus qu’à déformer la réalité pour contenter les exigences du régime soviétique, ce qui aurait pu lui occasionner de fatals ennuis. Très vite sa bravoure, l’implacable vérité et la grande humanité de ses textes lui attirent le respect et l’admiration des soldats. Il est de touts les combats, Stalingrad, Koursk, Odessa, Berlin et sera un des premiers à découvrir les camps de la mort polonais. L’impact historique exceptionnel du récit qu’il fera de Treblinka lui vaudra d’être cité au procès de Nuremberg. Aux carnets s’ajoutent des lettres de Grossman à ses proches, notamment celles très émouvantes adressées à sa mère qui ne put échapper au SS dans son Ukraine natale, drame qui le hantera toute sa vie. Ed. Calmann-Lévy, 390 p, 22 €.

André Blanchard, Contrebande. Carnets 2003-2005. Cinq volumes de carnets et deux recueils de chroniques plus tard, André Blanchard laisse à nouveau libre cours à ses pensées féroces dans ses derniers carnets. De lui-même, il laisse percer très peu de choses, tout juste sait-on qu’il vit à Vesoul, entouré d’une compagne enseignante, de sa fille et de son chat et qu’il exerce le métier de gardien dans une galerie d’art. Pour la fiche autobiographique on s’en tiendra là, s’exposer, pas son genre, trop discret pour cela. N’avoue-t-il pas par " refus de réussir " s’être volontairement soustrait à la médiatisation et à la vie confortable qui s’offrait à lui. Son style à lui, c’est d’écrire sur le style des autres, sur les écrivains qui le font tenir debout ou sur ceux qui l’assomment, sur ce qu’il capte du monde dans les journaux, à la radio ou depuis sa déprimante galerie d’art. Il y a chez Blanchard de l’emportement contre la bêtise, contre la médiocrité, la pédanterie littéraire, la barbarie, " Ah ! ce besoin qu’ont certains d’en rajouter, ainsi, à la radio, ceci, dit à un écrivain par un interviewer qui devait se croire au volant du livre :
-  vos mots, on le sent bien peuvent sauver un lecteur de la mort.
Mais non, andouille ! La différer, tout au plus la différer." , une infinie mélancolie " Le noir, je suis tombé dedans quand j’étais petit, fourré dans les jupes d’une veuve et les soutanes. " et un humour ravigorant. Ed.Le Dilettante, 320 p, 20 €. Nouvelle édition également d’Entre chien et loup (avril-septembre 1987), 128 p, 14 €.

Romans

Rikki Ducornet, Gazelle . Traduction de l’américain Guy Ducornet. Dans le Caire des années 50, Elyzabeth une jeune américaine de 13 ans, vit une adolescence agitée entre un père professeur d’université, intellectuel raffiné et excentrique, féru de jeu d’échecs et de grandes batailles historiques qu’il reconstitue minutieusement avec force soldats de plomb et une mère islandaise à la beauté chavirante, obsédée par la perte de sa jeunesse, éprise de liberté et d’expériences charnelles dans les bras de quantité d’hommes. Tourmentée par la relation douloureuse de ses parents, enivrée par la lecture des Mille et Une Nuits, et aimantée par un troublant Egyptien qui l’initie aux mystères des hiéroglyphes et aux pouvoirs des parfums, Elyzabeth, les sens exaltés par un Orient fascinant et voluptueux, va prendre conscience des métamorphoses qui s’opèrent en elle. Dans ce roman d’une grande sensualité, manifestement imprégné de ses souvenirs d’enfance, de son amour pour son père et de sa passion pour l’Egypte Ancienne, Rikki Ducornet décrit avec une rare justesse le délicat passage de l’enfance à l’état de femme.
Ed. Joëlle losfeld, 176 p, 17,90 €.

Constance de Salm, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme sensible . Préface Claude Schopp. Avec cette brève intrigue épistolaire parue en 1824, Constance de Salm, poétesse et dramaturge, s’aventurait pour la première fois en terre romanesque. A l’issue d’un concert, son héroïne voit son amant s’éclipser en compagnie d’une magnifique veuve coquette et fortunée. Folle de douleur, elle regagne son domicile et lui écrit fiévreusement quarante-quatre lettres où s’exprime tout le désordre amoureux dans laquelle la jette sa trahison. En l’espace de vingt-quatre heures, elle va passer par les pires affres d’une jalousie et d’une passion dévorantes. « Et peut-on avoir l’esprit libre avec une passion dans l’âme ? La terrible chose qu’une passion, cher ami ! Nous met-elle au-dessus ou au-dessous de nous-mêmes ? c’est ce que je ne puis dire. » Femme des Lumières, Constance de Salm reçut une éducation éclairée, divorça en 1799 du chirurgien Jean-Baptiste Pipelet, épousa en secondes noces le prince de Salm, fréquenta nombre de sociétés savantes et tint un des salons les plus illustres de Paris. Féministe, elle revendiqua le droit pour les femmes de se manifester socialement en toute liberté, notamment dans le domaine des Arts. Très attachée à l’indépendance d’esprit et à la raison, elle souhaita donner à son roman une ambition morale qui dépasserait la simple peinture de la subtile âme féminine. Ed. Phébus, 128 p, 10 €.

Cathie Barreau, Visites aux vivants . Une femme écrivain apparaît comme une ombre, dans le bocage vendéen du début du XXème siècle. Elle ressuscite ses aïeux, vit leur présent et leurs rêves. Elle tisse avec eux des liens invisibles : elle est un fantôme chez ses arrières-grands-parents, s’immisçant à leurs côtés, discrètement, les enveloppant de son amour. Forte de leur futur, elle les console. De quelle lignée de femmes et d’hommes est-elle issue ? Qui sont-ils ? Comment vivent-ils ? La narratrice, avec une écriture économe, visuelle et poétique, nous invite à faire un voyage dans le temps, un va-et-vient entre futur, présent et passé. A la manière d’un film ou d’un tableau, elle réalise des cadrages serrés, saisissant des moments précis de la vie de ses ancêtres auxquels elle rend hommage. Elle poursuit les combats et les rêves de la belle et courageuse Célestine, de Clarisse, éprise d’amour et de liberté qui aurait tant aimé savoir lire, d’Alexandre, de Baptiste ou d’Abel. Elle fait avec eux l’expérience de la guerre, de l’injustice, de l’humilité et du partage. Pour ces hommes et femmes, dignes et fiers, qui ont vécu modestement dans une Vendée pauvre et oubliée où règne encore, en ce début de XXe siècle, l’obscurantisme, Cathie Barreau transforme en phrases ardentes les humiliations qu’ils ont subies. Le récit a des résonances universelles. Visites aux vivants est le troisième roman de Cathie Barreau.
Ed. Laurence Teper, février 2007, 89 p. 10,5 €. [Tamara Incecara]

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