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Dernières parutions, avril - mai 2007

 

Correspondances

Lettres d’amour, Beaumarchais Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Amélie Houret de La Morinaie, Lettres d’amour. Présentation et annotation Évelyne et Maurice Lever.
En 2005, lors d’une vente à Drouot, réapparaissait la correspondance inédite de Beaumarchais et de sa dernière maîtresse, Amélie Houret de La Morinaie. Exceptés quelques fragments de lettres, la relation entre les deux amants avait conservé tout son mystère. Grâce à ce corpus de lettres, lumière est enfin faite sur cette passion amoureuse aux accents libertins chers au XVIIIème siècle. Guidées par un désir brûlant, les missives illustrent avec force détails la violence de leurs sentiments et leur ardeur érotique. Aussi flamboyant fut-il, cet amour ne résista pas aux carences physiologiques de Beaumarchais et aux ambitions d’Amélie, qui lasse de n’être qu’une « machine à sens », se para d’une vertu rousseauiste pour mieux fustiger son amant et mettre fin à leur histoire en 1792. Ed. Fayard, 140 p, 15 €.

Jean Paulhan, lettres de Madagascar Jean Paulhan, Lettres de Madagascar 1907-1910 . En 1907, Jean Paulhan prend ses fonctions de professeur au nouveau Collège de Tatanarive. Il va passer trois ans à Madagascar, durant lesquels outre ses obligations d’enseignant, il va s’immerger dans la culture et la langue malgaches. Il collecte plus particulièrement les Hain-Teny, ces proverbes traditionnels sur le point de disparaître et tirera de ce précieux travail un ouvrage qu’il publiera à son retour en France. Sa correspondance reflète l’enthousiasme suscité par la découverte de l’île et de ses habitants - il est vrai que loin de sa famille et de sa fiancée, le jeune homme goûte à la liberté - et dresse le douloureux constat social de la réalité coloniale. Ed. Claire Paulhan, 536 p, 41 €.

Romans

Un roman russe, Emmanuel Carrère Emmanuel Carrère, Un roman russe . Chaque roman après l’autre, la même évidence, écrire sur la disparition, sur la folie. Sorti épuisé des sept années de travail que lui ont demandé L’Adversaire, Emmanuel Carrère s’imaginait échapper à ses obsessions littéraires en acceptant de réaliser un film sur ce soldat hongrois resté oublié depuis 1944 dans un asile russe et retrouvé il y a quelques années seulement. Parti sur les traces du hongrois disparu, à Kotelnitch, une petite ville de la Russie profonde au désespoir palpable, l’écrivain emprunte une autre piste, celle d’un autre effacement, celui de son grand-père, un émigré géorgien, exécuté à Bordeaux en 1944 pour faits de collaboration. Comme s’il avait fallu tout cela, tout ce parcours d’écrivain, toutes ces histoires d’enfermement, pour atteindre sa propre vie tourmentée, pour toucher ses propres fantômes. Plusieurs strates, plusieurs registres entrent en résonnance ici dont on s’apercevra très vite qu’ils ne forment qu’un seul et même récit autobiographique : le tournage à Kotelnitch et la pratique de la langue russe, l’enquête sur le grand-père, l’histoire d’amour en plein désastre avec Sophie, l’histoire d’amour entre un fils et sa mère, l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse. « Je pense à mon grand-père disparu, à la folie qui transparaît dans ses lettres, à ma mère qui a si peur que j’écrive un jour sur lui, à moi qui ai si peur de le faire et qui sais pourtant qu’il faut le faire, que c’est pour elle et moi une question de vie ou de mort. » Admirable mise à nu d’un homme qui se bat contre la fatalité des secrets et des souffrances enfouis qui empoisonnent de génération en génération, le livre se clôt sur une bouleversante lettre à la mère, au fond seul véritable enjeu d’acte d’amour. Ed. P.O.L, 356 p, 19,50 €.

Indiana, Indiana, Laird Hunt Laird Hunt, Indiana, Indiana . Traduction de l’américain Barbara Schmidt.
« [...] il réfléchit à la pensée qu’il a déjà eue, à peu près à cette heure de la nuit : je crois que nous sommes rendus à l’heure la plus profonde, celle où les hommes, les femmes et les poulets se noient. » Par une nuit d’hiver, au fin fond de l’Indiana, le vieux Noé Summers dialogue avec lui-même comme il l’a toujours fait. Depuis l’enfance, il a dû s’accommoder de sa différence, de cette façon d’être, de raisonner, de ces visons qui lui viennent et qui le distinguent des autres.
Il a grandi porté par l’amour de Ruby et de Virgile, ses parents fermiers, aiguisant son imagination et sa compréhension du monde au rythme des histoires passionnantes transmises par son père. Il n’a aimé qu’une seule femme, Opal, même après toutes ces années de séparation suite à l’internement d’Opal. Au soir de sa vie , il remonte le cours d’une existence singulière. Rêves, voix, souvenirs, lettres d’Opal et les siennes, semblent vouloir organiser « les morceaux d’un puzzle incomplet distillés dans la nuit de l’Indiana et qu’une cruche déverse comme de l’air froid dans la tête de Noé.  »
Pour son second roman, Laird Hunt, salué par Paul Auster « comme l’un des jeunes écrivains les plus talentueux de la scène littéraire américaine », s’est inspiré de sa propre histoire familiale et de ses années de jeunesse passées dans une ferme de l’Indiana, donnant ainsi forme avec poésie et humanité à sa vision de l’Amérique rurale. Ed. Actes Sud, 224 p, 19 €.

Ce que les hommes appellent amour Joachim-Maria Machado de Assis, Ce que les hommes appellent amour . Traduction du brésilien jean-Paul Bruyas. « Je veux dire que j’étais las d’entendre et de parler la langue française quand ma langue maternelle, retrouvée, m’a rendu une vie nouvelle et conforme à mes origines ; désormais, c’est avec cette langue dans la bouche et dans les oreilles que je veux attendre la mort.  »
De retour depuis un an dans son Brésil natal, le conseiller Aires, tient le journal de sa nouvelle vie à Rio. Il laisse derrière lui trente ans d’une carrière de diplomate en Europe et une femme enterrée à Vienne. Il se réjouit chaque jour des moments partagés avec sa sœur et son nouveau cercle d’amis. Les pages de son journal s’attachent aux rencontres et aux affinités qui se dessinent au fil du temps avec des propriétaires terriens et des notables de la ville. Il suit avec le plus vif intérêt la destinée de Fidélia, une jeune femme dont la grâce et l’esprit nourrissent toutes les conversations. Abolition de l’esclavage ou fin de l’empire des passions, canevas social et paysage intime se superposent sous la plume du conseiller. Sexagénaire lucide sur son propre vieillissement et sur celui d’une société brésilienne en pleine mutation en cette fin de XIXème siècle, Aires écrit sur un monde perdu.
Ed. Métailié, 214 p, 9 €.

Eva Steinitz, Le Livre de l’immaturité . L’auteur, une jeune femme d’une vingtaine d’années, fuit son mal être parisien en s’installant à Lisbonne. Sous forme de journal intime qui n’est pas sans rappeler Le Livre de l’intranquillité de Pessoa, elle tente de donner un sens aux doutes, à l’impatience, à l’immaturité, à cette rage qui lui collent à la peau. « Les raisons de l’histoire sont la colère face à moi.  » Et cette colère n’en finit pas d’irradier ces carnets lusitaniens. Quête d’absolu et de rencontres, insatisfaction amoureuse et créative, interrogations existentielles, sensibilité exacerbée, tout se bouscule, tout n’est que trouble. Le texte est à la mesure de ce déchaînement intérieur, tantôt traversé de beauté fulgurante, tantôt totalement hermétique. « Mes rêves m’ont embarquée dans l’inhabité. Le froid claque sur ma nuque et la porte ne s’ouvre que pour y laisser entrer du vent. Je n’attendrai pas que ça passe, je m’habille pour tout casser.  »
Ed. Allia, 160 p, 6,10 €.

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