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Concours de correspondance - Ouessant août 2007

 

Gagnants du Concours de correspondance Ouessant 2007.
La remise des prix a eu lieu le jeudi 23 août.

"J’ai découvert un trésor dans ton île..."
C’est par ces mots que commence la lettre des participants

1er prix - Adultes
-  RIVALLAND Amélina, 27 ans - 29820 Guilers

Chère Aria,
J’ai découvert un trésor dans ton île. Je le savais qu’un jour je reviendrais, d’ailleurs je t’en avais fait la promesse. J’en ai parcouru des mers depuis, découvert des merveilles, et puis j’ai eu envie d’un retour aux sources.
Mercredi, alors que je longeais la côte, je me suis souvenu... C’était comme une évidence. Mes pas m’ont conduis tout droit à cette petite crique de notre enfance, et les souvenirs me sont revenus comme de petites étincelles, de petites flammes vivantes et douces.
Je me suis accroupi au pied du rocher du Dragon bleu, c’est ainsi que les filles l’avaient baptisé, et elles en avaient peur. Elles racontaient que la nuit, le rocher se mettait à bouger, puis qu’il en sortait un gigantesque dragon bleu qui parcourait la terre pour déclencher des incendies. Mais toi et moi, nous savions que tout cela n’était qu’histoires à dormir debout.
Mon père me dit un jour que dans la tradition chinoise, on raconte qu’un dragon veillerait sur la perle miraculeuse qui renferme la sagesse et la connaissance, pure comme l’or. Je compris alors que les dragons étaient des êtres bienfaisants, et dès lors, nous décidâmes que ce rocher serait le lieu où nous nous confierons tous nos secrets. Nous pensions tous deux que nous avions trouvé, nous aussi, notre gardien. Et nous l’avions réellement trouvé, puisque cela fait maintenant vingt ans que notre secret a été bien conservé et protégé.
L’autre jour, j’ai donc creusé le sable au pied du Dragon bleu, et il était toujours là, à l’abri dans sa vieille boîte en fer... Je n’en croyais pas mes yeux... Là ! Intact, le précieux manuscrit de nos aventures. Sur la couverture, en lettres calligraphiées : « Carné de voyages imaginères ». J’ai souri en lisant ces mots d’un autre temps, portant l’émouvante marque de la candide enfance.
Je me souviens : tous les jours, à tour de rôle, nous écrivions le récit d’un voyage, puis nous déposions le précieux carnet sur la plus haute branche de l’arbre des mystères, notre cachette secrète. L’autre venait le récupérer le soir pour en faire la lecture. C’était chaque fois de folles aventures... Nous rêvions de sirènes aux cheveux dorés, d’escapades nocturnes sur le dos des dragons cristallins du pôle Nord, de terribles batailles menées contre les tapicoulis aux écailles argentées, d’elfes des fleurs aux farces malicieuses... En rêve nous traversions, à bord de fabuleux navires, des mers jaunes, roses, indigo, des mers de lait, de pétales ou d’épines... Et nous craignions par-dessus tout de rencontrer le redoutable Abyssaquin, maître de la cascade du mont Ozian.
Toutes ces histoires, nous les consignions dans les pages, à présent jaunies, du carnet. Parfois, nous sortions nos craies d’art pour illustrer une impression. Le carnet achevé, nous avons décidé de l’enfouir sous le sable, au pied de notre bleu gardien, en qui nous avions toute confiance. Nous nous sommes fait le serment de ne point le déterrer avant vingt années. Ainsi, l’île veillerait sur notre enfance pour nous la restituer intacte quand nous serions devenu des "grands". Tu disais : "Des fois quand on est grand, on oublie tout ! Alors il faut quelque chose pour se souvenir."
Aujourd’hui, je voyage pour de vrai, gardant dans un coin de mon coeur nos fabuleuses escapades imaginaires, et je suis devenu écrivain. J’écris au fil de l’eau, au fil des flots, entre deux vagues, sur mon bateau "Le Dragon bleu". Et cette escale sur ton île, sur notre île, m’a fait retrouver le plus beau des trésors : la fraîcheur et la saveur acidulée de nos rêves d’enfants, petite madeleine du souvenir, au creux des pages d’un cahier d’écolier, dissimulé depuis tant d’années.
Quand je lis chaque soir un passage de notre carnet à mon fils, je revis mon enfance. L’autre jour, je l’ai surpris, croquant de ses feutres colorés le Dragon bleu et nos sirènes rêvées.
Aria, je viendrais te voir bientôt avec mon petit Florent.
Toi et moi on a grandi, mais grâce à notre retrouvé, on n’oubliera pas nos rêves. Même adulte, on garde un coeur d’enfant.
Au plaisir de te retrouver, au pied du rocher du Dragon bleu, gardien des secrets de notre enfance.
Baisers bleus Pierrick


2e prix - Adultes
-  GROUHEL Jean, 62 ans - 29570 Camaret / Mer

Ouessant été 2007

Cher ami,

J’ai découvert un trésor dans ton île. Depuis le temps que j’en rêvais, cela devait arriver ! Tu devais t’en douter en me proposant le logement que tu n’occupais pas à Lampaul...

Tout gamin je me disais qu’avec tous les bateaux naufragés sur les récifs, il y avait forcément parmi eux un navire corsaire, de retour des îles du sud, les cales remplies de trésors exotiques, de colliers de pierres précieuses, de couronnes, de diadèmes, de l’or, de l’argent, et tout un tas de pièces d’orfèvreries, bref, de quoi enflammer l’imagination. Le capitaine d’un tel navire ne pouvait que se sauver avec des coffres pleins, et les cacher sur la côte en débarquant. Il devait bien en rester quelque part bien à l’abri dans une cachette inviolée.

J’ai donc parcouru toutes les grèves, exploré chaque grotte, parfois en prenant le risque de me laisser surprendre par la marée. Rien. Pourtant je me mettais dans la peau de cet hypothétique capitaine : qu’aurais-je fait à sa place pour sauver mon butin ? J’ai fait la même recherche plus haut sur les falaises, puis dans les vallons, auprès des fontaines, autour des grosses pierres qui me semblaient être des repères ou des jalons... Toujours rien, désespérément rien.

Au neuvième jour au soir, j’étais assis sur une pierre en haut d’une colline près de la piste d’atterrissage des avions, me demandant où chercher encore, et s’il était vraiment raisonnable de continuer. Le dernier ferry était parti, les touristes du jour avaient quitté l’île, le soleil baissait sur l’horizon, teintant le paysage de couleurs rouge et jaune. Du côté de Molène le courant du jusant dessinait d’impressionnantes volutes sur la mer, laissant s’échapper de longs filaments d’écume blanche.

J’en étais là de mes réflexions quand les lapins de garennes sont sortis de leurs fourrés et ont investi le coin de pré, sans se soucier de ma présence. Ils savent qu’après le départ des derniers touristes, la lande leur appartient, alors ils sautillent, se dressent sur leur derrière, les moustaches au vent, remuent le bout de leur nez et continuent leurs farandoles insouciantes.

Et ce fut alors la révélation : le véritable trésor est là sous mes yeux, accessible à tous ceux qui le veulent, il suffit de regarder. C’est un vrai trésor que cette sérénité dans la vie, l’absence de soucis, cette liberté des lapins de garenne, qui jouissent de la vie sans arrière pensée, cette occupation du simple présent dans cette nature intacte.

J’avais déjà remarqué dans le regard des vieux îliens ce genre de sérénité que donne la maturité, la fréquentation de la mort qui donne du prix à la vie. Et sur cette île si souvent battue par les tempêtes nous ne pouvons pas échapper à la conscience de notre fragilité, et donc du prix de la vie. Chaque îlien est détenteur d’un trésor inestimable, et nous ne le savons pas si nous ne nous dépossédons pas de tout notre activisme. Il faut savoir s’arrêter pour le découvrir.

Voilà, tu te doutais sans doute que j’y arriverai, mais, au lieu de me montrer le chemin, tu as préféré que je le découvre moi-même. Tu as eu raison, et je t’en remercie infiniment. Ce séjour dans ton île restera gravé dans ma mémoire pendant longtemps, et mes vieux jours en seront tout illuminés.

A bientôt cher ami, et encore merci.


1er prix - Jeunes
-  AMIARD Anne-Lise, 17 ans - 44470 Carquefou

Cher ami,

J’ai découvert un trésor dans ton île, il faut bien que je te le dise... Ce n’est pas le trésor des pirates ou des flibustiers, ni même celui d’un bateau qui peut-être s’est échoué près de tes côtes découpées. C’est un trésor bien plus précieux à mes yeux.
Ton île, petit caillou au bout de la terre, m’était encore inconnu l’année dernière. Fille du continent, j’étais attirée par la ville et ce qui brille... Toi, tu cherchais à quitter ton île trop tranquille... Le hasard a voulu que nous nous rencontrions sur ce port où je venais de débarquer. Rapidement les nuages s’étaient amoncelés et le vent se levait tandis que la mer grossissait. J’avais pris le dernier bateau, le tien ne partirait pas aujourd’hui.

Nous nous sommes retrouvés face à face : moi un peu perdu, toi un peu déçu. Nous avons échangé quelques mots avant que tu ne me tendes un vélo. "Viens" m’as-tu dit simplement. Nous avons pédalé jusqu’à la pointe de Pern, face à l’océan. Là, tu m’as raconté ta vie, au rythme des marées et des passages de bâteaux, quand la mer est belle et calme puis quand soudain elle se déchaîne et qu’elle vient se fracasser sur les rochers dans un bruit assourdissant. La pluie s’était mise à tomber, le vent redoublait de violence... Pourquoi aimais-tu tant le vent ? Le vent est liberté, personne ne l’enchaîne, il peut se faire plus doux pour caresser ma joue, il peut se faire soupir et doucement murmurer les chants les plus doux... les chants d’amour, les chants de liberté. En t’écoutant, je commençais à rentrer dans un autre univers, c’était Ton univers. Je me sentais transportée, percevant des choses nouvelles pour moi ? Cette proximité avec les éléments en furie me faisait ressentir un bien-être profond, jamais rencontré auparavant. A ce moment là, j’avais tout oublié du continent et de mes plaisirs futiles. Je ne comprenais pas que tu veuilles quitter ton île.

Nous grelottions sous les assauts de la pluie et du vent, nous avons laissé nos vélos et marché dans cette tempête jusqu’à une maison aux volets bleus et aux rideaux blancs si typiques. Une femme nous accueillis chaleureusement en nous servant un chocolat chaud. Je me sentais bien et je te posais la question qui me brûlait les lèvres : pourquoi voulais-tu fuir ce lieu magique ? La réponse, je la présentais : tu te sentais seul et tu voulais vivre comme les autres jeunes du continent, profiter de tout ce qui s’achète et se vend. Je suis restée quelques instants silencieuse, mes pensées se bousculaient. Soudain, je comprenais combien ma vie était futile. A la vérité, le bonheur n’était pas dans la possession de ses biens matériels, envahissants. C’était ta vie à toi qui était belle et vraie. Ton quotidien était de joies simples de petits bonheurs de tous les jours, faits de presque rien. Moi, je traversais la vie en courant alors que la tienne, sur cette île était comme un voyage que tu savourais pas à pas. Ma vie se glissait entre les doigts, toi, tu vivais un jour à la fois et ainsi tu vivais réellement tous les jours de ta vie.

Mon ami, je te remercie de m’avoir ouvert les yeux en me faisant découvrir ce trésor. Je t’invite à monter régulièrement au phare du Stiff pour rêver au continent tout proche mais crois-moi, pour être heureux, profite de chaque instant, ne gaspille ni le temps, ni les mots... Ce savoir est un trésor que tu dois emmener partout avec toi.
A très bientôt le plaisir de te retrouver sur ton île.

Anne-Lise


2e prix - Jeunes
-  COUDERC Alice, 15 ans - 35510 Cesson Sévigné

Cher ami,

J’ai découvert un trésor dans ton île, cette île que tu m’as fait aimer tout au long des vacances. Rappelle-toi au début de l’été, les nuages assombrissaient mon ciel mais, sur le sentier des confidences, tu m’as fait découvrir ta plage cachée. Alors, au fil du temps, les empreintes de pas que nous laissions au bord de la mer d’Iroise ne s’effaçaient plus mais se transformaient en souvenirs. Nos secrets s’échappaient de nos esprits au cours de nos longues promenades, mes soucis devinrent ces hautes vagues qui se brisaient sur les rochers tranchants de la côte et se dissipaient en écume. Grâce à toi mon soleil s’est enfin dévoilé, plus la fin du séjour approchait, plus le temps s’écoulait rapidement. Mes yeux plongés dans les tiens, les heures paraissaient des minutes mais ensemble nous refaisions le monde.

Et souviens-toi, la veille de mon départ, les larmes salaient nos baisers et pour que cette soirée reste inoubliable tu m’as amenée dans un endroit unique. La pointe de Pern était époustouflante mais la beauté de ce "bout du monde" comme tu l’appelais, ne suffit pas à calmer la déchirure au moment de notre séparation. Seul le trésor que j’ai découvert là-bas peut me consoler, car ce trésor vaut bien plus que tout l’or du monde, il est plus précieux que le diamant. Je suis la seule qui pouvait découvrir ton trésor cet été car ce trésor s’appelle l’amour...

Je t’aimerai toujours parce que tu es juste toi et que sans toi, je n’aurais jamais découvert ton île comme ça.

Alice


1er prix - Enfants
-  OLLIVIER Marie, 10 ans - 29620 Lanmeur

Cher ami,

J’ai découvert un trésor dans ton île en allant chez toi. J’étais sur le chemin des douaniers quand j’entendis des méchancetés. Le sable et la mer se disputaient : l’un reprochant à l’autre de faire de trop grosses vagues, l’autre lui reprochant d’être trop chaud et ainsi de faire fuir tous visiteurs.
Je me dirigeais vers eux quand un phoque gris arriva. Il me fit monter sur son dos et m’emmena à une faille, je l’observais de plus près et y vis un trésor. Mais cette faille était si étroite qu’une anguille n’aurait pu s’y faufiler. C’est alors qu’il me vint une idée. Je décidais de retourner à la rive et proposais au sable et à la mer un marché : celui de s’associer
"Toi la mer, portes le sable jusqu’à la faille. Toi le sable prend le trésor qui s’y trouve". Ils acceptèrent et au bout d’une demi-heure le trésor était sur le bord du rivage. Maintenant le sable et la mer se sont réconciliés. A moi le trésor, à eux l’amitié.

Ton cher ami


2e prix - Enfants
-  CHAVE Agatha, 8 ans - 06300 Nice

Ouessant, été 2007
Cher ami,

J’ai découvert un trésor dans ton île.
Je te remercie tout d’abord pour le séjour dans la maison et le jardin, la belle chambre et le salon mais aussi pour l’accueil chaleureux.

Ce trésor se composait de beaux troupeaux de moutons, ils s’étendaient à l’infini jusqu’à l’horizon. Leur laine était aussi blanche que la neige elle-même.

Plus tard, mon regard s’est alors posé sur de l’or mais de l’or en si grande quantité qu’on ne pouvait en détacher ses yeux.

J’ai aussi vu de l’argent aussi brillant que le soleil, cet argent était si attirant qu’il me faisait rêver. J’ai alors perçu une grosse et belle perle de nacre qui me tombait dans le creux de la main. Elle semblait si jolie.

Je suis allé sur une grève quand j’ai trouvé des pierres précieuses de toutes sortes : des diamants, des topazes, des émeraudes, des saphirs et des rubis.

La nuit, une lumière m’a alors attiré, on aurait dit une rivière de diamants, puis j’ai aussi vu une nuée de rubis.

Je te précise maintenant que les troupeaux de moutons qui s’étendaient à l’infini n’étaient que la belle écume d’Ouessant, l’or n’était que la lande si dorée, l’argent n’était que l’écume si brillante, la perle de nacre n’était qu’une goutte d’eau, les pierres précieuses n’étaient que les pierres de mer et les nuées les lumières des phares d’Ouessant.
Au revoir, j’espère pouvoir bientôt revenir dans ton île.

Bisous d’Agathe


Prix spécial
-  BELLEVENUE MarieIle, 48 ans - 29242 Ile d’Ouessant

Ouessant, été 2007

Cher ami, J’ai découvert un trésor dans ton île, un jour que j’étais entrainée par des roches errantes, à l’heure où les feux rouges du Stiff embrasent les entraves de ces statues de sel,
que le sel s’accroche en dentelle vibrante aux griffes d’or des ajoncs,
quand les ajoncs sans cesse s’enlacent aux racines de la terre,
et que la terre s’enfonce dans le sein de la mer, alors, la mer roule et s’enroule et ondule et ondoie dans une étreinte lascive et furtive avec les galets,
éphémères repos des oiseaux de passage, des oiseaux de fortune,
fortunes de mer échouées dans l’attente de tes mains,
tes mains ouvertes comme l’envol du goéland,
tes mains ouvertes où scintille le damant brillant, tournoyant et vibrant des éclats du Créac’h,
quand la nuit brune s’allume et rougeoie au crépuscule des jours,
tes mains ouvertes comme le nid de promesses à venir,
tes mains ouvertes m’offrant toute la beauté du monde
Merci, Mon Ami
Marie


Prix spécial
-  DOURMAP Paul, 15 ans - 29800 Ploudiry

Cher ami,

J’ai découvert un trésor dans ton île : c’est un vaisseau abandonné ! Contrairement à ce que tu pourrais croire, ce n’est pas du tout un bateau, mais un vaisseau... spatial ! ! Je l’ai trouvé hier en allant, comme tous les soirs, faire ma petite promenade nocturne dans la beauté de la lande balayée par les vents et du bruit mélodieux des vagues s’approchant de l’île. Les vaisseaux, - car il y en avait deux - étaient de petite taille. Je suis resté alors les regarder, les observer, fasciné ! Ils semblaient renforcés d’un curieux matériau, semi solide, semi liquide - assez bizarre tout ça, non ? -.

Ces étranges véhicules étaient situés sur la plus haute falaise d’Ouessant, juchés au centre d’un très gros amas de pierres qui n’existait pas la veille. Comme si un ancien volcan était mystérieusement sorti de terre ! Je restais-là, accroupi à l’abri des regards d’ailleurs, au pied d’un vieil arbre mort à la silhouette lugubre, quant tout à coup, mon téléphone portable s’est mis à sonner. Je me suis dit aussitôt "Encore maman !" en sortant l’appareil de ma veste. Et là, à mon grand étonnement, j’ai vu s’afficher la mention "inconnu" sur l’écran lumineux ! J’ai décroché intrigué et j’ai entendu une voix mystérieuse me dire calmement et dans un souffle : "Mon bon monsieur, restez sur vos gardes... Des créatures étranges sont à votre recherche !" Sur le coup de la surprise et de l’effroi, très bêtement, j’ai eu le réflexe de lancer mon portable à la mer, comme pour me débarrasser de ma peur. Un cri strident m’a alors fait sursauter, me glaçant le sang. Je me suis retourné précipitamment : une sorte d’aigle ou de corbeau - il faisait sombre et j’étais terrifié ! - surmonté d’un chien fonçait sur moi dans la froide obscurité. Je voyais scintiller ses horribles yeux rouges dans la nuit ! J’ai évité de justesse ce monstre sorti de nulle part. J’étais accroché à un morceau de branche... Elle a soudain cédé dans un craquement sinistre et je suis tombé dans le vide. Cette chute m’a semblé durer une éternité : j’étais terrifié, mes bras et mes jambes battaient le vide pour tenter de ralentir et de stopper ma chute. Je tombais, je tombais, je tombais...

Je me suis réveillé dans ma chambre d’hôtel, haletant et transpirant. Mon réveil affichait 10h30. Je suis sorti de mon lit titubant, encore essoufflé par mon cauchemar. J’ai palpé les poches de ma veste à la recherche de mon portable... en vain ! "Alors ce n’est pas un rêve ?". Je suis allé m’asseoir à mon bureau pour t’écrire une lettre. En ouvrant un tiroir, j’ai trouvé une petite boîte ; je l’ai ouverte et découvert un pendentif représentant un papillon avec une excroissance en forme de coquillage. Je l’ai saisi et là tout à commencé à redevenir étrange... Je suis passé par un grand couloir lumineux, je me suis aperçu que je revivais la soirée de la veille. Tout était là : l’obscurité de la nuit, la lande balayée par les vents, le bruit des vagues, l’amas rocheux, les vaisseaux et l’arbre. Puis, le temps a ralenti. Et j’ai remarqué que j’avais mon téléphone mais qu’il ne sonnait pas... J’ai eu juste le temps d’apercevoir l’horrible bestiole s’avançant vers moi... le temps s’est arrêté, comme suspendu... J’observais longuement ce grand oiseau avec des yeux vermillon s’élançant dans la nuit. Il possédait aussi de gigantesques plumes noires : une créature tout droit sortie de l’enfer. Quand à son cavalier, ce n’était pas tout à fait un chien, mais un "homme-chien". Sa tête était celle de l’animal et son corps celui d’un humain recouvert de poils avec des griffes à l’extrémité de ses pattes. En l’observant, je remarquais sur son crâne un tatouage doré représentant un papillon semblable au pendentif ! Un diamant ornait le pommeau de l’épée à son côté. Je distinguais plus loin des silhouettes combattant. Je ne voyais pas très bien de là où j’étais mais il me semble avoir vu d’autres "hommes-chiens" contre des hérissons géants et ceux-ci étaient enragés, noirs de colère. Leurs petits yeux perfides lançaient des flammes. Quand tout à coup, le temps a repris sa course ; je me suis plaqué au sol pour ne pas être fauché par le cavalier "homme-chien"... Tout a disparu.

Avais-je rêvé ? Hallucination ? Distorsion du temps ? Ce pendentif était-il une clé qui me permettrait de comprendre ce qui s’était passé ? Je sais, en lisant ces quelques lignes, tu vas sans doute me prendre pour un fou ou croire que j’ai bu. Mais viens ! Il faut que tu te rendes compte par toi-même ! J’aimerais que tu me rejoignes et que tu m’aides à débrouiller toute cette histoire. Dépêche-toi ! J’ai l’intention de monter dans un des vaisseaux aujourd’hui...

Bien amicalement, ton ami de toujours.

Paul


Prix spécial
-  GANDER Sophie, 11 ans - 69500 Bron

Cher ami,

J’ai découvert un trésor dans ton île,
Et je t’écris avec un espoir fragile
Que tu comprennes ce que je veux te dire :
Pour le savoir, ma lettre je te prie de lire ;
Quand je suis arrivée chez toi,
Je ne venais que pour quelques mois,
Mais j’ai tout de suite compris
Que je ne pourrais plus repartir ;
Ensemble,
Nous avons marché
Sur les sentiers battus par le vent
Ensemble,
Nous avons regardé,
Tous les soirs le soleil couchant,
J’aurais aimé te dire,
Que tu comptais pour moi
J’aurais aimé te lire
Un poème à haute voix
Sans craindre que tu te moques de moi,
Tu es amoureux de cette île
Et je suis amoureuse de toi.
C’est le trésor que j’ai découvert

Sophie


Site Internet Ouessant 2007 :
http://www.livre-insulaire.fr/salon...

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