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Dernières parutions, septembre 2007

 

Correspondances

Correspondance Max Jacob, Louis Guillaume Max Jacob, Lettres à Louis Guillaume 1937-1944 . Ils étaient poètes tous les deux, avaient la Bretagne en affinité et trente et un ans les séparaient. Max Jacob (1876-1944) rencontre Louis Guillaume (1907-1971) en 1937. Aussitôt, commence une correspondance d’amis, chaleureuse, littéraire, spontanée et faite d’admiration réciproque. « C’est un type très supérieur à ce qu’on peut se représenter par ses livres », confie Louis (p.9) à Marcel Béalu, l’ami, autre poète, qui les a présentés l’un à l’autre et, aujourd’hui, témoigne et préface cette édition. « L’émotion est tout. L’amour est tout. La compréhension du sujet est tout. La naïveté est tout. Donc tu es admirable », lui écrit Max Jacob, un 13 mars 1942, juif et converti, retiré à Saint-Benoît sur Loire, dans une abbaye bénédictine, qu’autour de lui, le danger de guerre menace, que ses lettres en sont empreintes, malgré leur humour, leur affection pour leur destinataire, leur légèreté, leur amour de la vie. Correspondance qui prend fin, parce que c’est là que la gestapo viendra le chercher, un 24 février 1944, un matin, après la messe... Éd. La Part commune, 224 p. 15 €.
Site Internet des Editions de la Part commune :
http://www.lapartcommune.com/
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Cocteau, Lettres à sa mère Jean Cocteau, Lettres à sa mère, tome II 1919-1938. Texte établi et annoté par Jean Touzot avec le concours de Pierre Chanel. Il l’appelle « Ma chérie », il termine ses cartes postales par un cœur dessiné, à l’endroit de la signature. Un tome 1, qui couvrait la période 1898-1918 (éd. Gallimard, 1989) avait réuni 350 lettres ou cartes ; le tome 2 (dernier volume de sa correspondance avec sa mère), en autant de chapitres qu’il y a d’années, comporte 560 lettres, cartes, billets, lettres illustrées, longues missives ou télégrammes d’un amour de toute éternité ; fusionnel, impérieux, nécessaire, qui aime et dit tout - autant correspondance filiale que littéraire -, de l’œuvre, à l’indicible intime. Malgré les amis nombreux - les vrais, les faux -, les personnalités qui l’entourent, Cocteau (1889-1963) a besoin de sa mère, sa première et plus fidèle confidente, soutien moral, financier, consolatrice souvent, et attentive toujours, aux tourments de son fils, sa difficulté à être, sa volonté à être. « Je veux lutter par amour de toi, de la poésie, de certaines choses qui valent encore la peine », lui écrit-il, lorsque le désespoir affleure. Peu avant de mourir, dans sa maison de retraite de la rue de l’Assomption, en 1943, Madame Cocteau aura ce mot d’amour : « Je ne sais pas comment j’ai fait pour mettre au monde un poète - c’est très, très difficile. » (cité par J. Touzot, p.15). Éd. Gallimard, 720 p. 59 €.

Journaux

Yves Leclair, Bâtons de randonnées Yves Leclair, Bâtons de randonnées. C’est un journal, non daté, tout comme le précédent Manuel de contemplation en montagne (La Table Ronde, 2005), mais douze saisons le rythment ; air du temps, aphorismes, notes de lectures entre Orient et Occident, impressions fugitives, « délits de vagabondage »... On est en février, Yves Leclair écoute des chants bouddhistes, des psaumes juifs andalous, il salue Hölderlin ; on est en juillet, il lit Confucius, détaille le jaune de fleurs de courge, une miniature persane ; août ? la lumière est particulière, la couleur intense d’un lac, le poète Bashô lui est proche... Il voyage, immobile, assis dans son jardin. Le cœur empli, il regarde des feuilles de bambou, un vol de cygnes, des graines qui poussent, ou il prend son bâton, il marche, il médite. Il écrit court. Le silence importe, le vide, aussi : Plus tu es vide, plus le monde résonne en toi. Il s’entoure de campagne et d’odeurs, de beauté, de « musique », de sagesse et de philosophes... Et ceux-là, le lui rendent bien. Éd. La Table Ronde, 160 p. 13,50 €.

Christiane Singer, Derniers fragments Christiane Singer, Derniers fragments d’un long voyage , où le journal, tenu au jour le jour, durant six mois et remis à son éditeur peu avant sa mort, en avril dernier, d’une femme de lettres, écrivain, belle, profondément spirituelle, qui apprend, au cours de la maladie qui la ravage, qu’il lui reste six mois à vivre. Témoignage pour le moins saisissant, tant on se sent troublé par l’intensité des souffrances, et en même temps, par la capacité d’acceptation de ce qui est, ample, généreuse et qui, seule, permet les instants de grand bonheur, d’émerveillement. Regard lucide sur la mort, la vie, le temps, la condamnation inéluctable, la conscience de l’intériorité, la magnifique gratitude devant le fait d’exister. « Le voyage - ce voyage-là du moins - est pour moi terminé. À partir de demain, mieux : à partir de cet instant, tout est neuf. Je poursuis mon chemin. Demain, comme tous les jours d’ici ou d’ailleurs, sur ce versant ou sur l’autre, est désormais mon jour de naissance. » Éd. Albin Michel, 135 p. 12 €.

Biographies / Autobiographies

A Annick Stevenson, Blanche Meyer et Jean Giono. Pour le moins troublant, ce récit (qui captiva autant l’auteur que son éditeur et qu’ils n’eurent de cesse de le faire connaître) qui nous est aujourd’hui seulement révélé, d’une histoire d’amour longue de trente-cinq ans, entre deux amants, mariés tous deux, lui, célèbre et romancier, Jean Giono (1895-1970), elle, Blanche Meyer (1908-1988), jeune femme de notaire installé à Manosque, que Manosque ennuie, que la littérature passionne, devenue sa muse et pourtant, demeurée totalement inconnue, alors qu’ils s’écrivirent des milliers de lettres. La correspondance de Giono est placée sous embargo à la bibliothèque de l’université de Yale, la succession Giono s’opposant à leur publication. « Depuis le moment où j’appris, par des voies singulières, à la fois l’existence de Blanche Meyer, la femme-muse dissimulée derrière le masque blanc de Pauline de Théus ou d’Adelina White, deux héroïnes des meilleurs romans de Jean Giono, et son absence dans toutes les biographies relatives à l’écrivain, je cherche à retrouver sa trace, à la connaître, à la débusquer du secret où le silence l’a enfermée. », nous avoue l’auteur, et c’est chose faite.
À partir des mémoires que Blanche Meyer eut le temps d’écrire avant sa mort (247 pages qu’elle rédigea d’un trait, à la main et titra « Le Giono que j’ai connu »), et de rencontres avec sa fille, Jolaine Meyer, Annick Stevenson, fait le récit de cette femme surprenante, romanesque à souhaits, et pourtant, bien réelle, et alterne, avec naturel et talent et soucieuse de la beauté du détail, l’autobiographie et son propre texte. Éd. Actes Sud, 255 p. 21,80 €.

Paul Audy, je me suis toujours été un autre Paul Audi, Je me suis toujours été un autre, le paradis de Romain Gary. « Pour parler de soi, Romain Gary disait : « Je me suis toujours été un autre » . Peut-on, dans ces conditions, prétendre savoir qui il est ? (...) Quand un auteur n’est plus là pour défendre son œuvre et que cette œuvre lui survit, on se met alors à l’interpréter, chacun à sa façon... ». Portrait intellectuel d’un personnage énigmatique, aux angoisses, aux identités multiples, à l’oeuvre littéraire magique, habitée par une forme certaine de grâce, une vision messianique de l’existence, qu’il rattachait à ses origines juives, et que Paul Audi, interroge ; allant de la naissance de Gary, à ses « aspirations », à la notion, en lui, de racines, de judaïté, de foi, de désespoir, allant de l’homme à l’œuvre passionnément, citant des extraits et mettant en parallèle à son propre cheminement, questionnement, des ouvrages critiques, joignant enfin, un chapitre de « Remarques complémentaires », Audi dialogue avec un Romain Gary qui n’en finit pas de subjuguer. Conversation entre deux êtres spirituels. Éd. Christian Bourgois, 290 p. 24 €.

Ohran Pamuk, Istanbul Orhan Pamuk, Istanbul, Souvenirs d’une ville. Traduction du turc par Savas Demirel, Valérie Gay-Aksoy et Jean-François Pérouse. « Evocation d’une ville, roman de formation et réflexion sur la mélancolie, Istanbul est tout cela à la fois. »... Réminiscences du passé en une autobiographie fouillée, portraits de la grande famille Pamuk, dans ce même immeuble où tout le monde résidait, récit d’une enfance, souvenirs d’un appartement triste, « rempli d’objets qui sentaient la poussière et le moisi », photographies anciennes de visages, de lieux, promenades ressurgies de l’enfant qu’il était et puis, histoire de la ville, en parallèle, entre tradition et modernité, religion et laïcité, « mélancolie des ruines »... Orhan Pamuk remonte le temps et s’interroge, explore la notion de mélancolie, évoque les écrits de voyageurs, d’écrivains occidentaux - Nerval, Gautier, d’autres encore - qui, comme lui, éprouvèrent ce sentiment de tristesse -, inhérent à la ville : « Pourquoi suis-je si heureux d’entendre dire par d’autres qu’Istanbul est une ville mélancolique ? Pourquoi est-ce que je déploie tant d’efforts pour expliquer au lecteur que le sentiment que me procure la ville où j’ai passé toute mon existence est de la tristesse ? » Éd. Gallimard, coll. Du Monde entier, 448 p. 22 €.

Sylvain Jouty, Alexandre Csoma de Köros Sylvain Jouty, Celui qui vivait comme un rhinocéros - Alexandre Csoma de Köros (1784-1842), le vagabond de l’Himalaya. Il avait un nom singulier, il eut un destin tout aussi extraordinaire, romanesque à souhaits et pourtant véridique : né à Köros, petit village de Transylvanie (qui faisait alors partie de la Hongrie), très tôt doué pour les langues - les orientales, les mortes, les slaves - les sommets du monde et les voyages, érudit, autant qu’ascète, passionné d’Asie, Alexandre Csoma de Köros part, en automne 1819, un bâton à la main pour un long voyage à pied, en direction de l’Asie centrale, afin de découvrir les origines de la langue hongroise ; il sera, en fait, le premier Occidental à pénétrer l’Himalaya. Par le prodigieux hasard d’une rencontre et retiré dans des monastères tibétains, aux conditions les plus extrêmes, il assimilera toute la culture tibétaine, prendra connaissance de milliers d’ouvrages et sera le fondateur d’une grammaire et d’un dictionnaire tibétains, puis de la tibétologie. Des Carpates au Zaskar, on suit son biographe dans ce périple. Il y a tant à apprendre... et beaucoup à rêver. Éd. Fayard, 340 p. 20 €.

Romans

Philippe Forest, Le Nouvel amour Philippe Forest, Le nouvel amour. « L’enchantement où nous nous trouvions ne parvenait pas à nous faire oublier tout le reste, certainement. Nous ne nous promettions rien. [...] Et puis, sans doute, éprouvions-nous cette prudence imbécile qui vient aux gens heureux lorsqu’ils ne veulent pas s’avouer - et même à eux-mêmes - l’émerveillement incroyable avec lequel leur vie se confond tout à coup. » Roman du Je, lettres de noblesse de l’auteur, dont, roman après roman, le style s’impose, se reconnaît. Il y eut les récits de la tragédie et du deuil - la mort d’une petite fille de quatre ans -, le Néant à jamais, la vie anesthésiée, puis, tout à coup, alors qu’on n’attend plus rien, il y a la vie, à nouveau, la rencontre salvatrice à nouveau, le désir qui s’ouvre, le sentiment amoureux, puissant, miraculeux, du nouvel amour qui renaît. Sauf, que rien n’efface rien... Car, il y a ça aussi ; l’ensorcellement de la douleur, les fantômes du passé qui résistent, l’impossibilité de se contenter du bonheur, le présent qui demande à se projeter, ce « désir, encore plus grand que tout, de tomber qui, parfois, s’empare de nous »... Forest écrit, parce que la vie est là, envers et contre tout, avec l’expérience de l’écriture, pour fixer « tout ça », tous ces gestes, et « le silence, le secret, l’oubli »... « Car toute vie, en vérité, est un roman. Et en conséquence, seul le roman sait dire la vie. » Éd. Gallimard, 174 p.16 €.

Brina Svit, Coco Dias Brina Svit, Coco Dias ou La Porte Dorée. « C’est un roman vrai. Je ne suis pas Valérie Nolo, mais j’ai vraiment rencontré, il y a plus d’ un an maintenant, Coco Dias, danseur de tango. Et il m’a fait la même proposition que dans le roman : si tu écris sur moi, je t’apprends à danser... » On est entre Paris - le Latina, dans le 4e arrondissement, où elle le rencontre la première fois, la Porte Dorée, où il vit - et Buenos Aires. Elle veut danser, elle veut apprendre avec lui. D’abord, elle lui paie ses cours, pour ne rien lui devoir, puis elle accepte la singulière proposition, et se met, à noter, les détails, les je ne sais uoi - telle un peintre, avec son modèle -, de ce petit homme singulier, au visage d’enfant, aux chemises coquettes, aux biscuits trempés dans le thé, maestro de los maestros. Elle ? Elle dit qu’elle aime les hommes et la danse, pour danser le tango, elle a trois paires de chaussures. Elle doit bien danser ; on entend la musique, tout court, si vif, sensuel. Elle a du style, Brina Svit. Elle est Slovène et écrit son troisième roman, pour la première fois, en français. Bref, c’est l’histoire d’une femme qui comprend enfin ce que c’est que tenir un homme dans ses bras. Éd. Gallimard, 250 p. 17,90 €.

Maurice Audebert, Tombeau de Greta G Maurice Audebert, Tombeau de Greta G. « Une grande Suédoise pâle avait débarqué du navire dans la splendeur d’un été américain ; elle n’avait cessé de pâlir, durant les années qui suivirent, cependant que grandissait son ombre. La chair et le sang vif peu à peu nourrissant le portrait, et le modèle qui dépérit, l’histoire est classique... » On est à Hollywood, dans les années trente. Le parlant a remplacé le muet, et Greta Garbo (1905-1990) , « la Divine », à la vie sentimentale embrouillée, star des plus adulées est aussi l’une des plus secrètes. « Le regard des autres nous hante... » Celui qui parle, linguiste viennois, devenu photographe, vit à la Villa de Greta G. depuis dix ans. Amant non, mais compagnon de solitude oui, observateur délicat, il nous raconte comment une « adolescente maussade » est devenue l’un des mythes du siècles », évoque ses amours, ses amitiés, nombre de ses silences, de ses mystères. Exilé lui aussi, comme elle, dans cette ville gigantesque, « usine à rêves », dans cette demeure démesurée, où la quasi-totalité des pièces avait été laissée à l’abandon, il tente de saisir la vraie vie de celle qui n’en finissait pas de se fuir, malgré les lumières. Éd. Actes Sud, 127 p. 15 €.

Hector Tizon, La Beauté du monde Hector Tizon, La beauté du monde. Traduction de l’espagnol (Argentine) par André Gabaston. Cela commence par une lettre. Ou plutôt, cela finit. A vrai dire, le roman commence par la fin ; elle avait écrit une lettre et sa lettre disait ceci : « Tout me condamnera parce que, comme disait ma mère, qui veut noyer son chien l’accuse d’avoir la rage. Je sais que le péché consiste à vouloir être différent de ce que l’on est. Mordre la pomme pour en connaître le goût. Etre bonne et généreuse, c’est trop pour moi. » Dans un petit village, une ferme isolée, un jeune apiculteur épouse une joyeuse adolescente. Il est heureux, parce qu’il a ses ruches et parce qu’il l’aime. Mais dans la vie, rien n’est simple, et encore moins l’amour. Elle part. Il souffre. Alors, pour tenter de survivre, exister à nouveau, il part lui aussi, quitte le village un jour et change de nom, de métier, il interroge la vie, les grands espaces, la poésie, parcoure le monde, toute la beauté du monde. Éd Actes Sud, 147 p. 17,80 €.

Loisirs

Découvrez l’art postal Karine Brosse, Découvrez l’art postal est un livre de loisirs créatifs. Animatrice d’ateliers d’art postal, Karine Brosse montre comment utiliser matières et couleurs, inventer de nouveaux supports afin de réaliser des correspondances originales. Elle aborde différentes techniques, y compris le mail art digital, et propose plus de 40 créations. Belles reproductions et carnet didactique composent cet ouvrage. CréaPassions - Eurofina Publications, 119 p., 15 €. [Nathalie Jungerman]

Corinne Amar

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